Les jardins sont

une des formes de rêve,

comme les poèmes,

la musique et l'algèbre.


Hector Bianciotti

Dernière mise à jour | 9 janvier 2017

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  Blogue sur le parc - année 2011…  


Janvier 2011...

"Passer au feu"...

Avez-vous déjà connu l’expérience du feu ? Je veux dire littéralement « passer au feu », être victime d'un incendie.

Peut-être avez-vous vu brûler la maison familiale, ou la maison de vos rêves: la maison qui symbolise le refuge, le repos et la paix, et qui s’avère comme un prolongement de soi…? Peut-être avez-vous vu l’église paroissiale, l’école du village, ou des maisons voisines détruites par le feu ? C’est toujours triste de voir des personnes sinistrées, jetées à la rue, ayant tout perdu !

Bien des gens ne sont pas couverts par des assurances… Adieu meubles, vêtements mais surtout souvenirs partis en fumée !

J'ai vécu cette expérience éprouvante à la mi-décembre 2010... J’avoue maintenant que j’ai été très chanceux. Je n’ai eu que des dégâts matériels à l’intérieur de « mon chez moi »… J’arrivais du travail, je vérifiais les courriels reçus pendant la journée sur mon ordinateur portable, et tout à coup, on cogne à ma porte… « Habillez-vous chaudement, Monsieur, il y a le feu à côté de chez vous ! »… J’avais remarqué vaguement des lueurs rouges et entendu les sirènes, mais quand on habite en ville, ce spectacle fait partie du quotidien… Le feu brûle toujours ailleurs, sur une autre rue, dans un autre quartier… Mais voilà que c’était à côté de chez moi ! Une vieille maison du 19e siècle, construite en bois latté recouvert de plâtre et isolée probablement avec du papier journal était la proie des flammes…

Qu’est-ce qui vient à l’esprit quand on est sommé de sortir immédiatement de son oasis ? Pendant quelques secondes, l’esprit devient en quelque sorte « paralysé »… Oui, il faut se sauver ! La vie, c’est l’essentiel. Et si on a des enfants, des êtres aimés,

si des personnes âgées demeurent avec nous, j’imagine que les premières pensées vont aux personnes présentes en danger !

Dans mon cas, je fut plutôt pragmatique et matériel… J’ai pris une valise et l’ai remplise de mes disques « durs » de mémoire informatique contenant mes précieux documents, photos, musique, etc…

Un vent glacial de décembre me faisait trembler et alors que je contemplais le sinistre spectacle du trottoir d’en face… Des voisins très aimables m’ont alors invité à entrer pour me réchauffer. Scène irréelle: je voyais ma maison, avec l’arbre de Noël illuminé, par la fenêtre, tandis que les flammes léchaient la toiture de la maison centenaire et menaçait ma propre demeure! Une centaine de pompiers travaillaient avec acharnement… À la fenêtre du haut, je les voyais dans ma chambre à coucher avec des haches. Ils ont ouvert les fenêtres ! C’est alors que n’y tenant plus, inquiet pour mes perruches et mes pinsons enfumés dans la cuisine refroidie, j’ai traversé la rue et jetant manteaux, nappes et couvertures sur les cages, j’ai rescapé mes amis ailés pour les mettre en sécurité et à la chaleur chez mes hôtes improvisés !

La vieille maison a été une perte totale. Pour ma part, j’ai pu réintégrer mon domicile quelques heures plus tard. Quel bonheur ! Quelle chance ! J’étais cependant bien peiné pour ma gentille voisine entourée des siens… Nous nous sommes étreints…

Elle partait se réfugier dans un centre communautaire…Je suis retourné chez moi, avec l’odeur du feu, et quelques trous creusés

dans mes plafonds par les pompiers pour vérifier si le feu ne s’était pas répandu !

Cette expérience de « passer au feu » s’avère bien sûre éprouvante au plan matériel, mais suscite une réflexion spirituelle.

Elle fait surgir la question de l’essentiel, de l’unique nécessaire, des valeurs profondes… Autour d’un sinistre, des gestes extraordinaires de solidarité, d’entraide, et de générosité humaine se déploient… Les pompiers, par vocation, tentent de sauver

les personnes et le plus possible les biens matériels et leurs efforts sont héroïques ! Mais quand on passe si près du feu, on prend conscience de l’éphémère, de la fragilité, de la vulnérabilité des choses et de la vie. Ce « passage » par le feu purifie le cœur

et le réoriente vers les véritables valeurs… qui colorent le sens de sa vie. Je ne vous souhaite surtout pas de « passer au feu »… pour discerner ce qui est précieux et vital pour vous. Si on frappait à votre porte pour vous sommer d'évacuer, qu’emporterez-vous ? La réponse vous appartient...

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.


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Février 2011...

Spiritualité, souffrance et maladie

Avez-vous déjà expérimenté la maladie ? Ne serait-ce qu’un rhume ou une « bonne grippe d’homme » ?...

J’ai connu une dame, décédée à 106 ans, qui n’avait jamais eu l’influenza ni aucune autre maladie pendant près d’un siècle.

Enfant, elle avait souffert d’un sérieux problème aux yeux, mais la digne dame me disait chaque fois que Notre-Dame du Cap l’avait guérie miraculeusement ! C’est dire qu’il existe un lien entre confiance, foi, espérance et maladie...

Confiance et foi…

Si vous souffrez de quelque façon que ce soit, si vous perdez la santé, vous consultez habituellement un médecin et vous faites confiance à sa science et au traitement prescrit… Lorsque la guérison semble tarder, bien des gens se tournent soit, vers la prière, les neuvaines, un pèlerinage, une visite chez un « ramancheux » ou promettent mer et monde pour retrouver la santé… Dans les années 1900-1937, on venait par milliers rencontrer le Frère André, fondateur de l’Oratoire sise sur le Mont-Royal. Celui-ci invitait les pèlerins à se tourner vers saint Joseph ou à s’identifier au Christ souffrant sur la croix. On retrouve ce phénomène dans toutes les cultures et les religions… Il y a en effet un lien très grand entre la maladie et la spiritualité. Le manque ou la perte de santé invite à puiser dans ses ressources et dans ses valeurs spirituelles, différentes pour chacun, pour trouver du courage, une force intérieure, un sens à ce qui touche d’une manière bien sensible sa vie et sa dignité.

Journée mondiale des malades

Depuis plusieurs années, suite à une initiative du pape Jean-Paul II, la journée du 11 février est consacrée « Journée mondiale des personnes malades ». Cette date thématique coïncide avec la fête liturgique de Notre-Dame de Lourdes, dont l’immense sanctuaire, au sud de la France, attire chaque année une foule de pèlerins et de malades, en quête d’une guérison ou de mieux être. Cette « journée mondiale » veut sensibiliser l’humanité à la réalité vécue par les personnes souffrantes et la « vocation » particulière de tous ceux et celles qui prennent soin, sous tous les aspects, des personnes malades ou en perte d’autonomie causée par la maladie et/ou l’âge…

Présence de solidarité humaine

J’ai accompagné pendant plusieurs années des enfants, des adolescents et des parents profondément bouleversés et désemparés par des maladies graves, incurables ou palliatives dans un grand hôpital universitaire, en pédiatrie. Que de drames j’ai vécu de près avec des familles rassemblé réunies au chevet d’un enfant alité aux soins intensifs ou à l’urgence… Parfois, quelques mots, une prière du cœur, un geste de tendresse, un regard de compassion apportaient une sorte de réconfort, mais j’ai appris la leçon du silence. La spiritualité de la présence compatissante, qui exprime la solidarité humaine, dans l’impuissance et les questions existentielles qui surgissent… Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi mon enfant ? Qu’ai-je fait de mal ? Où est Dieu ? Comment peut-il permettre cela?

Humanisation du « prendre soin »

Cette spiritualité de la présence silencieuse, mais authentiquement humaine, remplie par une Présence autre, je la vis également au quotidien avec les résidents des centres d’hébergement publics dans lesquels j’œuvre présentement. Des personnes de tous âges, hommes et femmes, vivent de grandes détresses, des nuits sombres, des heures d'angoisses, des douleurs physiques non contrôlées, l’isolement, l’insécurité… La religion et la spiritualité offrent plusieurs ressources pour aider à donner du sens à ce qui est insensé. Mais les soins humains prodigués par le médecin, l’infirmière, la préposée, la personne du ménage, le psychologue ou le travailleur social, le bénévole ou le conseiller spirituel relèvent de la spiritualité essentielle de « l’humanisation du prendre soin » et chacun doit en être bien conscient ! En fait, la tendresse humaine doit être au rendez-vous…

Spiritualité de l’humilité

Cette réflexion serait à poursuivre, par la spiritualité de la fragilité, de la vulnérabilité et de la force de l’être humain. Quadragénaire, j’ai expérimenté déjà plusieurs hospitalisations, des traitements longs et parfois inefficaces. Ils m’ont amené à « accueillir » le fait que je ne suis pas un « superman »… Je suis, comme tant d’autres, une personne humaine blessée par la vie, la maladie, les relations, le travail… À mon âge, je suis incapable de travailler à temps plein ! Et mon cœur et mon être voudraient tant donner ! L’humilité s’avère aussi un chemin spirituel qui aide à saisir, à discerner chez les personnes avec qui je chemine, que c’est avec les « acquis » de ma propre expérience de la souffrance que je peux contribuer un tant soit peu à aider l’autre qui me fait face, mon prochain. À puiser dans nos propres ressources spirituelles un sens à notre vie… Oui, spiritualité, souffrance et maladie font bon ménage !

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Mars 2011...

Lettre d'un fils à son père

En janvier dernier, mon père devenait octogénaire. Ma petite famille (je suis l’aîné de deux garçons) a voulu souligner cet événement à l’occasion d’un souper festif. En guise d’adresse, chacun y est allé avec un mot personnel. Écrire à son père, ou à son grand-père, s’avère une occasion privilégiée de lui exprimer nos sentiments filiaux. Permettez -moi de partager en toute simplicité ce que je lui ai écrit et livré le soir de la fête : la lettre d’un fils à son père.

Bien cher père,

Déformation professionnelle… et spirituelle, ma réflexion débute par la parabole du « Père miséricordieux »,

de saint Luc (chapitre 15), qui raconte l’histoire émouvante d’un père et de ses deux fils… Deux garçons bien différents…

Le plus jeune s’avère aventureux et volage… tandis que l’aîné semble être un modèle de vertu demeuré au service de son père…

Pourtant, il ne faut pas se fier aux apparences… On découvre rapidement que les deux garçons ont leurs bons côtés, leurs carences, leurs faiblesses… En fait ni l’un ni l’autre n’est parfait. Les deux pourraient dire : « Je ne suis pas digne d’être appelé ton fils… » Ces deux enfants aiment leur père mais ne savent comment lui exprimer leurs sentiments profonds… D’autre part, le cœur

du père déborde de tendresse pour ses deux enfants et les accueille tels qu’ils sont, dans leur humanité, dans leur fragilité,

dans leur vulnérabilité… Il ne veut perdre ni l’un ni l’autre… Il les veut épanouis, en santé, heureux, réalisant au meilleur

du possible leurs rêves et leurs aspirations.

Ce père miséricordieux figure le Père éternel… Notre père terrestre, biologique, symbolise la présence de ce Père céleste

et aimant. La vie, la culture, les habitudes de notre temps ne nous ont pas appris, comme fils et comme père, à exprimer

nos sentiments et nos émotions, ce qu’on ressent vraiment…

Mais grâce à cet anniversaire mémorable: ce n’est pas tous les jours que notre père célèbre le vénérable âge de 80 ans,

cet événement nous donne l’occasion de repousser les frontières mondaines pour lui dire que nous l’aimons, chacun à notre façon, parfois gauchement, mais sincèrement. Daniel t’aime beaucoup. Je t’aime beaucoup aussi. Et je sais que dès notre conception et depuis notre naissance, tu nous aimes avec tout ton cœur de papa.

Tes activités professionnelles à la commission scolaire t’ont amené à être souvent absent de la maison…

mais tu as toujours été présent. Nous ne pouvons surtout pas dire que tu as été un « père manquant».

Tu as pris soin de chacun de nous, nous avons toujours été au cœur de tes soucis, tu t’es préoccupé de notre éducation,

de notre instruction, de nos besoins d’enfants et d’adolescents, en un mot de notre bonheur.

Que ce soit par les nombreux voyages que nous avons effectués, les Noëls à la maison avec la profusion de cadeaux,

les moments mémorables au chalet, les épisodes d’intimité que nous avons vécus avec toi quand on allait préparer le camp

pour l’été (peinturer le quai, transporter du sable pour construire un pont sur le ruisseau qui séparait le terrain…), ou pendant

la semaine de « vacances » de maman à la fin d’août, ou encore quand tu venais me reconduire au collège ou à l’université…

Et ton soutien dans les heures de maladie et d’hospitalisation… Toutes ces minutes entre père et fils restent gravées dans ma mémoire.

Il y aura bientôt 19 ans, j’étais ordonné prêtre. En ce jour solennel, j’ai ressenti la joie profonde que cela t’apportait.

Les photos en témoignent incontestablement.

Tu es fier de tes deux garçons, nous le sentons bien, même si nous avons pu te décevoir et te peiner parfois…

Mais le cœur du « père miséricordieux » reprend toujours le dessus pour exprimer amour indéfectible et confiance

à ses deux fils qui s'avèrent prodigues chacun à leur tour.

Je suis fier de toi, papa. Je suis heureux de demeurer à la Pointe Saint-Charles, là où tu as vécu pauvrement

quand tu étais « garçon ». J’aime nos dîners réguliers au restaurant ou à la maison. J’apprécie chaque moment passé

en ta compagnie.

Heureusement que tu n’es pas devenu un « Père de Sainte-Croix », car nous ne serions pas là aujourd’hui pour te dire merci,

pour te dire que nous t’aimons, pour te dire notre affection. Nous espérons que la santé te soit accordée afin que tu demeures encore longtemps avec nous.

Comme maman le dit si bien, depuis mardi dernier, tu es maintenant le « patriarche ».

Que le Seigneur te bénisse,

Qu’il tourne vers toi son visage,

Qu’il te garde dans son amour !

Avec toute mon affection filiale,

Ton garçon qui t'aime,

Michel...

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Avril 2011...

« Je m'ennuie de mon 'chez-nous'... »

Voilà ce que me confiait récemment une personne du centre d’hébergement où j’accompagne spirituellement les résidents depuis 3 ans : « Je m’ennuie de mon ‘chez-nous’! » Ce commentaire, ce cri du cœur, n’avait rien d’anodin. Il me révélait une souffrance intime, un manque profond, une perte inconsolable… Que voulait me signifier, par ces mots, cet octogénaire bien lucide qui me regardait directement dans les yeux?

Qu’il ne se sentait pas chez lui au centre d’hébergement? Que les soins ou les services offerts ne le satisfaisaient pas? Qu’il espérait repartir chez lui, son « véritable » chez-lui? Qu’il se sentait insécurisé, comme un peu « égaré »? Qu’il s’ennuyait et vivait le deuil de son intimité dans un cadre familier? Cet appel de détresse comporte aussi une dimension spirituelle… ‘Chez-nous’ est le lieu où je puis respirer, "vivre", me ressourcer...

« Honey, I’m home! »

Vous connaissez sûrement l’interprétation classique de Bing Crosby : « I’ll Be Home For Christmas » ? Oui, I’ll be home… Je serai «à la maison »… pour Noël! Dans le film du réalisateur Gary Ross, Pleasantville (1998), on nous présente des clichés de la vie américaine des années 1950-60. Le père de famille, qui revient du travail, crie à la maîtresse de maison, en ouvrant la porte de sa demeure : « Honey, I’m home ! » Ces expressions « Je rentre à la maison… », « J’arrive, je suis là ! », « Comme on est bien

chez-nous! », « Ouf! Me voilà enfin chez-moi ! », etc. ; tous ces mots du cœur dévoilent combien le ‘chez-nous’ exprime le bien-être, la sécurité, l’intimité, les points de repère ou les balises vitales, le sanctuaire privé où l’on peut, si le milieu s’y prête, respirer à fond et vivre en toute vérité. Car il peut arriver, pour toutes sortes de raisons, que la «maison » ne représente plus ce ‘chez-soi’ où l’on se sent bien.

Chez-nous: une connotation spirituelle

Néanmoins, que l’on vive seul, en couple, en famille ou en communauté, dans une résidence, un appartement, une maison ou un monastère, ‘chez-nous’ désigne une réalité concrète, un endroit précis, mais aussi comporte une dimension spirituelle importante pour l’être humain. La spiritualité concerne tout ce qui donne du sens à la vie: les valeurs primordiales, les convictions profondes, les aspirations existentielles qui animent la personne. D’ailleurs, dans la racine du mot «spirituel », on se réfère au souffle… Je fais le choix de continuer de respirer, de vivre et de revenir à ma source… Le ‘chez-nous’ constitue le lieu physique où le cœur peut se rebrancher sur ce qui lui donne la motivation de continuer à se battre, à survivre, ou plutôt à mieux vivre…

Des gens me confient parfois combien une visite à l’église, havre de paix au cœur de nos cités bourdonnantes, leur fait du bien. Ils disent spontanément : « Je me senschez-nous’ quand j’entre dans ce lieu sacré, cet espace où la Présence se fait sentir … »; « Je m’y sens bien, j’y passerais des heures… c’est si bon d'écouter ce silence qui m'aide à me recueille et à me recentrer… »; « La maison du bon Dieu, c’est aussi mon chez-nous’ ! »…

Se sentir chez-soi, chez-nous, chez-moi, n’a rien de commun avec le fait que je sois propriétaire ou locataire. Que je vive dans un château luxueux, dans une humble chambrette, dans un favelas du Brésil ou dans un bidonville d’une métropole… Le sentiment de bien-être, au plan physique, psychologique et spirituel naît de l’expérience de vivre dans un lieu ou un milieu qui fait renaître mes forces de vie et les nourrit au quotidien.

L’exil ou l’exode…

On pourrait sous-entendre : « Je m’ennuie de monchez-nous’ », ces mots chargés d’émotion : « Je me sens exilé, déraciné; j’ai perdu mes repères, mes relations; je ne sais plus où je suis, qui je suis, qui j’ai été, qui je serai, où j’en suis…; quel est le sens de ma vie, quelles sont mes croyances, où sont passées les valeurs qui m’ont façonné et créé l’être que je suis, aujourd’hui ?... »

S’ennuyer de son ‘chez-soi’, c’est se sentir comme exilé, loin de son pays, dans un désert. Cet exil est provoqué parfois par les événements (un incendie, un tremblement de terre, un tsunami…); les impératifs de la vie (un divorce, un congédiement, une guerre…), la vieillesse ou l’état de santé… Il est donc involontaire dans ces situations. Cela me rappelle l’Exil des Juifs de Jérusalem en pays étranger… « Là-bas, au bord des fleuves de Babylone, nous restions assis tout éplorés en pensant à Sion… Comment chanter un chant du Seigneur en terre étrangère? » (Psaume 137,1.4). Je pense également à la situation des enfants déchirés entre papa et maman, et qui n'ont plus de véritable maison, résidant tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre...

Mais quitter sa demeure peut être aussi le fruit d’une décision mûrie afin de trouver un nouvel envirronnement où l’on puisse continuer à croître dans la vie (partir pour une mission, un nouveau travail, se rapprocher de sa famille, etc.). On peut référer encore une fois à l’Exode des Juifs, ce peuple qui quitte l’Égypte volontairement, suite au leadership d’un certain Moïse, pour se rendre dans une terre promise, débordant de lait et de miel, et de liberté…

Abraham, figure emblématique des trois religions monothéistes (le judaïsme, le christianisme, et l’islamisme), constitue un modèle de confiance indéfectible en Yahvé : « Par la foi, répondant à l’appel, Abraham obéit et partit pour un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait. Par la foi, il vint résider en étranger dans la Terre Promise, habitant sous la tente… » (Hébreux 11,8-9).

Demeure cependant non éclairci la réalité de l’itinérance. À toutes les époques, des personnes ont vécu en nomades pour des raisons de survie (trouver des pâturages pour leur cheptel, déménager lors des saisons froides sous des cieux plus cléments, etc.). Mais de nos jours, la problématique de l’itinérance pose question. Certains deviennent itinérants pour des raisons de pauvreté matérielle et intellectuelle, par rejet; cependant d’aucuns choisissent délibérément cette manière de vivre. Qu’en est-il alors du ‘chez-soi’ ?...

Chez-nous : un havre spirituel

Au terme de cette réflexion, je salue le courage, la ténacité, la fidélité de toutes ces personnes obligées de quitter leur chez-soi pour résider dans un centre d’hébergement; des hommes, des femmes et des enfants exilés à cause de la guerre et de la corruption; de tous ces réfugiés qui habitent, comme Abraham, sous la tente, que ce soit au Soudan, en Afghanistan ou à Port-au-Prince; de ces peuples, tels les Tibétains, qui ne peuvent vivre dans leur pays conquis…

Au moment d’écrire ces lignes, des milliers de personnes ont perdu la vie et leur ‘chez-soi’ suite à un mouvement de la croûte terrestre au fond de l’océan, à quelques centaines de kilomètres du Japon…

Rappelons que le Christ a vécu l’exil et le rejet : «Et le Verbe s’est fait chair, et il a dressé sa tente parmi nous…

Il est venu chez-lui et les siens ne l’ont pas reçu… » (Jean 1,11.14)

Je vous souhaite, quand vous rentrerez ‘chez-vous’ aujourd’hui, d’apprécier la chaleur et la sécurité de votre foyer,

le havre spirituel où vous pourrez reprendre souffle...

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Billet de mai 2011...

Les apparences

Nos conversations courantes confirment bien souvent le proverbe: « L’habit ne fait pas le moine! » Traduction : les apparences sont bien souvent trompeuses. N’affirme-t-on pas dans le langage populaire que « c’est toujours plus beau dans la cour du

voisin »?


Que de confusion, de jalousie, d’envie et de déceptions sont ressenties suite à des observations et à des comparaisons entre soi et les voisins, entre collègues de travail, entre belles-sœurs; entre frères, entre riches et moins bien nantis, entre personnes de race et de culture différentes… La psychologie a étudié sous toutes ses facettes ce phénomène qui comporte aussi une dimension spirituelle. Il y a quelques jours, une dame de 90 ans me dit spontanément : «
Vous savez, j’ai l’air de bien me porter: tout le monde le pense. Mais pour ma part, je sens que mes forces diminuent et que je faiblis. Je ne vais pas bien du tout et je me sens incomprise par mes amies, par mon entourage…»

Propos contradictoires…

Nous avons tous fait l’expérience, un jour ou l’autre, de ces messages contradictoires… Une personne nous dit : « Oh! Tu as perdu du poids ! » et quelques instants plus tard, une autre affirme: « Il faudrait bien te mettre à la diète. Tu commences à engraisser. » Ou encore : « Comme tu sembles bien aller ! » Alors qu’on vient de s’entendre dire: « Mon Dieu! Tu as donc l’air changé et fatigué ! »

L’âge d’un individu s’avère également trompeur: « Tu as tellement l’air jeune… », entendons-nous parfois. Alors qu’une connaissance vient de nous dire: « Tu as vraiment pris un coup de vieux ! » Quelle réaction avons-nous en entendant ces mots? Nous sentons-nous confortés dans un état ou une condition, ou encore, nous disons-nous intérieurement : voilà enfin quelqu’un qui semble me comprendre !


La reconnaissance : un besoin spirituel…

Se sentir compris, accueilli, reconnu dans ce que nous vivons, dans ce que nous ressentons, dans toutes les dimensions de notre souffrance ! L’identification par notre prochain de notre réalité « réelle » nous permet d’expérimenter la force des liens qui nous définissent comme frères et sœurs en humanité ! En tant qu’homme, en tant que femme, en tant qu’être humain, nous ne sommes pas indifférents au regard de l’autre… La compassion, la reconnaissance, l’écoute, l’empathie, l’amitié ou l’amour se définissent comme des besoins à haute teneur spirituelle. Personne ne veut être ignoré ou traité comme un « numéro ».

Notre véritable identité…

Trop souvent les apparences, les attitudes, l’image que nous projetons dissimulent notre véritable identité. Mes rencontres quotidiennes avec des gens de différents milieux m’ont appris à être prudent. Plusieurs personnes qui souffrent de handicaps importants, que ce soit des problèmes reliés à la colonne vertébrale, aux muscles, au cœur, ou même à une maladie dégénérative, n’en laissent rien paraître ! Il m’arrive également de côtoyer des hommes et des femmes de 40 ou 50 ans invalides prématurément.


Il en va de même pour les gens de tous âges qui souffrent de maladie mentale, d’épuisement, de dépression parfois persistante pendant des années. Si vous les croisez, ils pourront vous sembler resplendissants de santé, le sourire aux lèvres, alors qu’intérieurement, ils vivent un véritable enfer existentiel… Parfois, on s’apitoie sur le sort de telle personne marquée par un handicap apparent. Ce qui la rend dépendante des autres pour ses moindres besoins. Pourtant dotée d’un courage qui ne peut venir que de la grâce, cette personne accueille avec reconnaissance, chaque matin, la vie qui continue de se manifester en elle ! La sérénité, la joie de vivre, et le courage quotidien dont font preuve les personnes atteintes de maladies débilitantes nous déconcertent !


La plaie des préjugés…

Ajoutons également à toute cette panoplie de souffrances humaines, celles qu’attisent l’ostracisme, le jugement, l’opprobre des bien-pensants. En effet, certains maux semblent plus honorables, plus acceptés et acceptables socialement que d’autres. Trop souvent les préjugés l’emportent sur la charité, la compassion. L’être humain se comporte parfois d’une manière tellement inhumaine… Cela ne contribue qu’à alimenter les attitudes de rejet, d’exclusion, de marginalisation envers les personnes atteintes qui s’abandonnent alors au désespoir ou au suicide: plutôt mourir que survivre dans un tel contexte.

La spiritualité de la solidarité humaine…

Oui, les apparences s’avèrent trop souvent trompeuses et faussent notre jugement envers les personnes, envers les choses et les événements. Une saine spiritualité nous aide à ne jamais oublier notre propre humanité, et la nécessité de porter un regard empreint d’humanité sur les personnes que nous côtoyons ou que nous rencontrons au fil du temps.


Souvenons-nous de l’attitude du Christ apercevant une pauvre veuve déposer quelques piécettes dans le tronc du temple (Marc 12,41-44)… Lui seul a eu un regard de vérité sur cette femme. Il a vu, ou plutôt discerné toute la valeur spirituelle et humaine derrière le geste banal de cette personne qui donnait finalement tout ce qu’elle avait pour vivre, alors que d’autres ne versaient que leur superflu.


Mai : temps de renouveau spirituel

Puisque nous voilà déjà rendus au joli mois de mai, profitons pleinement du spectacle de ce temps de renaissance de la nature, temps joyeux des lilas splendides, temps lumineux des jours qui allongent, temps d’espérance des semailles, temps laborieux des oiseaux affairés à confectionner le nid qui accueillera la prochaine couvée. Mais faisons aussi en sorte que cette période où nous célébrons avec affection les mamans (et comme on le chantait autrefois, c’est le mois de Marie, le mois le plus beau…), nous amène à découvrir sous un angle neuf, humain, compatissant, notre prochain…


Qui sait tout le bien spirituel que nous pourrons ainsi accomplir sans paroles et sans efforts? Simplement parce que notre regard sera exempt de préjugés et libéré des apparences trompeuses, pour enfin redonner dignité, confiance, joie de vivre aux personnes que nous croiserons à l’instant.

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Réflexion de juin 2011...

« N'ayez pas peur ! »

16 octobre 1978. Un tout nouveau pape, élu depuis quelques minutes à peine par les cardinaux rassemblés dans la chapelle Sixtine, lance un message inaugural, depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, à une foule enthousiasmée : « N’ayez pas peur ! » Jean-Paul II fonde son ministère pastoral sur la confiance ! La spiritualité de la confiance prend racine dans le message du Christ qui a retenti il y a plus de deux mille ans : « Regardez les oiseaux du ciel… ils ne sèment ni ne moissonnent, et pourtant mon Père en prend soin ! … Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de quoi vous mangerez… » (Matthieu 6,25-34); « Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (Marc 6,50)… Une des grandes valeurs spirituelles du christianisme à laquelle toute personne de bonne volonté est appelée à vivre est la confiance !


La peur

La peur s’avère bien l’antithèse de la confiance. La récente disparition du taliban Ben Laden illustre bien le règne obscur de la peur et du terrorisme. Depuis un certain 11 septembre, le monde entier a peur… L’histoire de l’humanité nous rappelle, hélas, qu’à toutes les époques des hommes ont fait naître la haine, la peur et la mort dans leur soif de puissance illégitime… Le 20e siècle lui-même a engendré une pléthore de tyrans sanguinaires. Que l’on songe à Adolf Hitler, Benito Mussolini, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi… Tous ont fomenté des conflits, des guerres, des attentats. Ils ont semé dans les cœurs la peur, la souffrance physique et morale, la paralysie et le doute. Les droits humains élémentaires ont été bafoués, au détriment de leur propre peuple, et de leurs frères humains : vieillards, hommes, femmes et enfants…


On définit la peur ainsi : « Une émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d'une menace. La peur est un mécanisme de survie primaire en réponse à un stimuli spécifique, tel que la douleur ou un danger potentiel. En bref, la peur est la capacité de reconnaître le danger et de le fuir ou de le combattre… »
(Site Wikipédia.org).


Une réalité aux formes diverses

La peur se manifeste de diverses façons :
- peur ne pas avoir suffisamment de nourriture, de manquer d’argent, de se retrouver dans la rue, de perdre son emploi, de tomber malade, de souffrir ou de mourir;

- peur d’être exploité, abusé, volé ou même violé (au plan physique et psychologique);
- peur de ce qui est différent, non-conforme aux habitudes et aux lois;
- peur de ne pas être respecté, de ne pas être « normal », d’être rejeté, de manquer son coup, peur du divorce ou de l’échec;
- peur des cataclysmes naturels : tremblements de terre, inondations, tornades, tsunamis, tempêtes;

- peurs sociales : chute des marchés financiers, régimes totalitaires, extrémisme religieux, guerres, exil;

- peurs psychologiques et phobies : peur de l’eau, des espaces restreints, des tunnels ou des ascenseurs, peur de prendre la parole en public, peur des fantômes, des réalités supra-normales, de la noirceur;

- peur d’attentats terroristes en avion, en train, ou dans le métro;

- peur d’une invasion par des extra-terrestres ou d’une attaque bactériologique;
- peur de la fin du monde, prévue cette fois en 2012…

- etc.

La confiance

Deux paroles de vie viennent nous prémunir contre le fléau de la terreur :

- Galilée, an 30 de notre ère : « Confiance, c’est moi ! N’ayez pas peur ! »

- Rome, automne 1978 : «N’ayez pas peur! »
De Jésus de Nazareth au pape Jean-Paul II, un message paradoxal nous est adressé : combattons la peur par la confiance !


Bien que l’angoisse, l’anxiété ou la peur se définissent comme un réflexe de reconnaissance d’un danger quelconque dont il faut se protéger, ces sentiments nous incitent à nous recroqueviller sur nous-mêmes, à nous cacher, à ne pas faire face à la réalité. Ils peuvent aussi engendrer des comportements qui portent atteinte à notre dignité.


La confiance, au contraire, vise l’épanouissement de toute relation humaine. Elle nous relève; elle nous invite à regarder l’autre en face. Avoir foi en quelque chose, en une réalité, en l’être humain, renvoie à une attitude adulte. La confiance nous relève, dans l’adversité, la pauvreté, la maladie ou la guerre…


Le commerce se base d’ailleurs sur la confiance, sinon, le marché s’écroule ! Cependant, la confiance se gagne. Elle se mérite. Elle tisse au fil du temps les véritables relations humaines. Lorsque je fais ce que je dis, lorsque je dis ce que je fais, je suis digne de confiance. La vérité est le ciment de la confiance...


Il prendra soin de toi

« N’aie pas peur ! » Ne sont-ce pas les douces paroles qu’un parent adresse à son enfant alors qu’il se prépare à faire ses premiers pas dans l’existence ? « Maman est là, tu vois, ne pleure plus ... » Le christianisme prône la spiritualité de la confiance : « Décharge-toi de tous tes soucis sur le Seigneur, il prendra soin de toi… » (1 Pierre 5,7 ; Psaume 55,23). Tout comme il prend soin des oiseaux qui ne sèment, ni ne moissonnent…

Nous avons tant de raisons et d’occasions de craindre et d’avoir peur… Pourquoi ne pas tenter le défi de la confiance ???

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Billet estival 2011...

Contempler...Imaginez le plus majestueux des couchers de soleil. Imaginez un ciel dont les couleurs irradient sur les eaux calmes et tranquilles d’un lac sans rides. Imaginez quelques nuages qui se déploient comme le voile vaporeux d’une soie chatoyante, dans un camaïeux de pourpre et de roses. Pour mieux accompagner, en un tableau idyllique, ces heures vespérales.

Se découpant au premier plan, un rocher, un trône, qui vous invite à vous asseoir afin de contempler ce portrait lumineux. Une brise légère caresse votre nuque. Les parfums du soir vous enivrent alors que la fraîcheur nocturne se pose comme une écharpe sur vos épaules… Le jour s’endort dans le silence, progressivement. Le chant des oiseaux s’éteint. Le bruissement délicat des feuilles annonce le repos et la paix en ces instants bénis qui précédent la nuit, la lune, les étoiles, tandis que la symphonie pour grillons et batraciens a déjà entamé ses premières notes…



Suis-je un contemplatif ?

Nous avons tous vécu cette expérience un jour ou l’autre: jouir pendant quelques instants d’une certaine béatitude; d’une paix et d’une joie indescriptibles. Une légèreté de l’être, une élévation de l’esprit qui nous fait presqu’oublier notre condition humaine, avec ses tracas et ses peines. Un moment spirituel aux accents religieux et esthétiques. Cette expérience très simple, presque banale (il ne s’agit pas de sport extrême), porte le beau nom de contemplation.

Eh oui ! Si le propos énoncé plus haut vous a permis de vivre, par le biais d’une visualisation intérieure, un moment de béatitude par le souvenir d’expériences antérieures vécues au cours de l’existence, vous pouvez vous qualifier de « contemplatif ».


Vous me répondrez : «
Mais voyons ! Je ne suis pas un contemplatif ! La contemplation, la prière, c’est pour les moines et les moniales ! Pour ma part, j’ai les deux pieds sur terre, et je n’ai pas de temps à consacrer à cette activité élitiste! » Sachez que vous faites erreur.


Qu’est-ce que la contemplation ?

La contemplation, (theôria en grec est un déverbal, c’est-à-dire un nom formé à partir d’un verbe, de theôrô: je regarde, je contemple), serait comme « une application de l’esprit à voir et observer certaines réalités. Le terme a un sens particulier dans la religion et dans l’art. L'état contemplatif offrant dans le premier cas à l’âme une proximité avec Dieu et dans le second avec la nature. » (Citation du site : www.fr.wikipedia.org/wiki/Contemplation)


Cette application de l’esprit ne se définit pas en soi comme une activité tout d’abord intellectuelle. Il s’agit plutôt d’une expérience vécue grâce aux sens externes : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat, et même le goût… L’œil voit. L’esprit observe. L’âme contemple. Et quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine du spirituel et le déploiement de la dimension artistique. En effet, l’art se définit par la recherche du bon, du beau, du vrai…


Une activité très simple

Mais oubliez déjà ces définitions. Contempler, ce n’est pas compliqué ! Il ne s’agit pas de se forcer. Encore moins de se concentrer. Relisez le début de cet article et laissez libre cours à ce que suscitent les mots évocateurs d’images, de sons, de sensations… On ne force pas l’admiration. Un coucher de soleil, une pièce musicale, une poésie, une caresse à son animal de compagnie, la dégustation d’un fruit sucré et juteux … Voilà autant d’occasions d’entrer en contemplation !


Ne croyez pas que la durée d’une expérience contemplative doit nécessai-rement s’étirer dans le temps. Ces moments peuvent aussi bien durer quelques secondes que plusieurs minutes… Ce qu’il faut surtout retenir, c’est que l’intensité de l’expérience contemplative demeurera gravée dans la mémoire de nos êtres… Et chaque fois qu’on renouvellera cette mémoire, on pourra ressentir à nouveau le bien-être vécu de ces moments-clés de nos existences. La contemplation nous reliera à nos racines religieuses ou tout simplement aux merveilles de la création.

Contemplation et prière

Finalement, je ne peux passer sous silence le lien indélébile qui relit la contemplation et la prière. Pour diverses raisons, nous pensons bien souvent que prier est un acte volontaire, un exercice intellectuel. Pourtant, est-ce que vous déployez des « efforts » lorsque vous contemplez un coucher de soleil ?...


Je viens de terminer la lecture d’un opuscule présentant la prière du cœur :
Je ne lui dis rien, je l’aime*. L’auteur rappelle que la prière contemplative ne saurait se définir comme une méthode, un mode d’emploi, des étapes à suivre ou un mentra (une phrase, un mot ou une syllabe) à répéter sans cesse… tout en essayant d’éviter les distractions… La prière contemplative consiste justement admirer un coucher de soleil, regarder dans les yeux l’être aimé, apprécier une pièce musicale qui nous fait vibrer intérieurement… C’est aimer celui que notre cœur aime… simplement. Sans discours ni étapes à suivre obstinément… Celui qui fait pousser les fleurs travaille si simplement.


Une saison contemplative

Nous voilà maintenant rendus à l’été. Pour plusieurs, ce sera l’occasion de voyager, de faire du camping, d’aller à la campagne ou simplement sortir prendre l’air… D’aucuns parmi nous, sommes limités aux murs de notre chambre ou de notre résidence. Néanmoins, il est possible pour tous, par le biais du souvenir, de la visualisation, de l’image, de la musique, de la poésie et de la littérature, de profiter de cette période de l’année pour vivre des instants de contemplation… Ce sont des souffles d’air frais dans nos vies… Bon été !

*Je ne lui dis rien, je l’aime. La prière contemplative, par Père Jacques, Bellarmin, 2009.

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Réflexion de septembre 2011...

Un nouveau départ…

L’arrivée de septembre, avec la fin du temps des vacances, le retour en classe, la relance des activités de divers ordres et la Fête du travail, identifient cette période à un nouveau départ. Une sorte de recommencement. L’année civile écoule ses 365 jours autour de ces renaissances : le jour de l’an, notre anniversaire de naissance, l’achat d’une maison, l’obtention d’un nouvel emploi, un mariage, l’arrivée d’un enfant… Notre vie quotidienne est marquée d’étapes qui signalent la fin d’un temps et un nouveau départ. Un deuil, une maladie, un échec, une séparation, une faillite… sonnent parfois le glas d’une période de bonheur et de bien-être. Déménager dans un nouvel environnement apporte souvent une brise de fraîcheur, mais peut aussi survenir à la suite d’événements incontrôlables de notre vie comme la perte de mobilité physique, un déficit cognitif ou l’avancement en âge… L’admission en centre d’hébergement devient alors une nécessité qui peut être difficile à vivre et à accepter. Elle marque néanmoins le début d’un temps nouveau…

Natif de l’Ontario, le prêtre écrivain Henri Nouwen, auteur de maints ouvrages sur la vie spirituelle, définit ainsi cette période de nouveauté : « Un nouveau départ ! Nous devons apprendre à vivre chaque jour, chaque heure et même chaque minute comme un nouveau départ, comme une chance unique de tout renouveler. Imaginez si nous pouvions vivre chaque moment comme s’il était source d’une nouvelle vie. Imaginez si nous pouvions vivre chaque jour comme un moment plein de promesses. Imaginez si nous pouvions commencer une nouvelle année en écoutant une voix qui nous dit : `J’ai un cadeau pour toi et j’ai bien hâte de te le donner!’ Imaginez ! » (1)


Source de renouveau

Chaque renoncement au cœur de notre quotidien peut être source de renouveau et de renaissance. Cependant, les blessures de la vie ont parfois laissé des cicatrices indélébiles qui ferment l’horizon de nos cœurs. Nous devenons comme insensibles à ce qui peut aujourd’hui être source d’émerveillement ou de renouveau. La culpabilité, la colère, les ressentiments contre soi, contre les autres, contre notre Dieu… rendent impossible à imaginer que chaque jour puisse être un moment rempli de promesses, qu’un cadeau nous sera donné. La personne repliée sur elle-même, sur ses souffrances, sur son monde fermé, semble vivre son présent comme une prison dont elle ne pourra jamais être libérée. Bien sûr, des événements extérieurs à notre volonté nous empêchent parfois de réaliser la possibilité d’un nouveau départ source d’une nouvelle vie : la guerre, la famine, les difficultés économiques, le chômage, la pauvreté sont autant d’obstacles entravant la possibilité que jaillisse une source d’espérance et de bonheur.

À l’écoute de la vie nouvelle

Malgré tout, Henri Nouwen nous redit que « nous devons choisir d’écouter cette voix, et chaque choix que nous ferons nous permettra de découvrir la vie nouvelle cachée dans chaque moment, attendant de naître avec impatience. » (1)

Quelle est cette voix qui nous promet un cadeau? C’est à chacun et chacune de se recueillir, de laisser pénétrer par-delà les barreaux de nos enfermements et de nos malheurs, ces rayons lumineux qui éveillent le fond de notre être, de nos valeurs et de nos croyances, et permettent au souffle qui nous anime de renaître aujourd’hui. Il y a le passé, notre histoire, avec ses beaux moments et ses difficultés, il y a l’avenir, avec ce que l’on espère et ce que l’on peut craindre. Mais nous vivons néanmoins dans le temps présent, temps sur lequel on peut avoir une certaine emprise sur notre vie et accéder aussi à cette vie nouvelle, à ce temps nouveau. Accueillir le cadeau de la vie pour aujourd’hui…

Comme le chantait la québécoise Renée Claude dans les années 1970 : « C’est le début d’un temps nouveau… » Ou encore, rappelons-nous la chanson de Jacques Michel qui dit : « Viens, un nouveau jour va se lever et son soleil brillera pour la majorité qui s’éveille… »

Ce soleil, c’est le cadeau pour ce nouveau départ qui s’annonce aujourd’hui, à l’heure et à la minute précise où je lis ces lignes...

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Octobre 2011...

Une croix glorieuse ?

Dans le calendrier liturgique, les chrétiens célèbrent traditionnellement, tous les 14 septembre, la « croix glorieuse »… Comment peut-on affirmer que la croix puisse se révéler sujet de gloire ? À priori, bien au contraire, la croix n’évoque rien de glorieux !

La croix : instrument de supplice

La croix se définit tout d’abord comme un instrument de supplice. Plus humiliant et plus souffrant encore que le gibet pour les condamnés à la pendaison, la croix est un objet de honte, de longue agonie … La personne suspendue à la croix manque d’air, elle étouffe. Le corps et le cœur sont oppressés. Le sang ruisselle des membres douloureux et se répand sur le sol… La tête voudrait éclater. L’âme se sent désespérée, abandonnée… Eli, Eli, lama sabactani ! Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? (Marc 15,34).

La croix, pire que la potence, représente à l’époque du Christ l’ignominie, la condamnation, l’opprobre. Elle ouvre la porte de la mort. Fabriquée de bois, matière vivante, remplie de sève, la croix conduit à la mort dans le contexte d’un jugement criminel. Comme la corde pour la pendaison, la chaise électrique, ou l’injection létale qui enlèvent la vie en guise de punition, pour avoir transgressé la loi des hommes.

Les Romains, inventeurs du supplice de la croix, avaient l’intention d’en faire un objet de risée, de ridicule. Par le degré de souffrance qu’elle provoque, la croix défigure celui qui y est suspendu, entre ciel et terre, attaché, cloué, dénudé, déshumanisé… Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable aux lépreux dont on se détourne (Isaïe 2-3).


La croix : symbole du christianisme

Glorieuse, la croix ? Qu’est-ce à dire ?

Symbole du christianisme, qu’on accroche à nos cous et sur nos murs; qu’on installait autrefois à la croisée des chemins et dont on a fait un « chemin » de 14 stations représentées dans nos églises… Cette croix, on la retrouve aussi sur les édifices religieux, les monastères, les meubles et les vêtements liturgiques et sur stèles funéraires… Dans nos pays enracinés dans la tradition chrétienne, elle est visible partout ! Les croyants commencent habituellement leur prière avec le signe de la croix.

Ce signe de honte est devenu pour les chrétiens un symbole d’identification… Mais nous demandons, identification par rapport à la souffrance ou à la gloire ?


La croix : souffrance et gloire ?

Lorsque je me bats dans mon milieu, avec la flamme de la foi, pour y apporter un peu plus de justice, de dignité humaine, et que je deviens alors objet de mépris, d’hostilité ou de menace parce que cela dérange les structures… Lorsque je souffre physiquement ou moralement, malade sur un lit d’hôpital, que je m’ennuie à mourir dans la petite chambre de ma résidence, qu’une profonde tristesse enserre mon être et l’étouffe… Lorsque je ne trouve plus de sens à ma vie, et que je suis incapable de prier… Lorsque j’ai perdu un être cher et qu’il me semble que je ne pourrai plus jamais retrouver de joie à vivre… Lorsque je suis à bout de souffle… ne me dites pas : mais tu es dans la gloire !

Quoi ! en quoi la souffrance est-elle gloire? En quoi l’objet ou le sujet de la souffrance est-il glorifié ? Je dirais qu’il s’agit là d’une conclusion hâtive, une perception biaisée, une révélation irréfléchie, une vue de l’esprit… A posteriori… La croix que je porte m’écrase. Pourtant, me vient alors comme en un doux murmure ces paroles de vie: Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau… (Matthieu 11,28).

La croix : transfigurée par l’Amour

Pour que cet infâme morceau de bois qu’est la croix puisse apporter gloire, au cœur de la souffrance, il faut y apposer tout l’Amour, pas n’importe quel amour, mais l’Amour du Christ, qui s’est donné librement et généreusement.

Nous devons toujours demeurer prudents lorsqu’on aborde les mystères de la foi. Il est bien tentant de mettre uniquement l’accent sur la douleur du vendredi saint : je songe à la scène insoutenable de la flagellation dans le film de Mel Gibson, The Passion of the Christ (2004) : trop centrée sur la souffrance pour la souffrance, on lui faire perdre ainsi tout son sens. Il est malheureusement possible de proclamer, sans aucune nuance, ni diplomatie ou discernement, sans prendre en compte la douleur d’une blessure encore à vif, la gloire et la joie de la Résurrection, la Vie nouvelle, la Vie glorieuse ! Il faut veiller à ce que cette Bonne Nouvelle ne soit pas appliquée sur une plaie ouverte et souffrante de manière malhabile… sans référence à l’Amour…

Croix et Résurrection n’ont de sens pour l’être humain, pour le chrétien dis-je, que si le Christ Jésus est passé par la crucifixion, la mort, la mise au tombeau et la résurrection le troisième jour… en transformant ce mystère global en un acte d’amour extraordinaire et libérateur.


La glorification dans la croix

Dans ma petite vie, je l’avoue, il me semble avoir déjà goûté trop souvent, tout comme vous, à la souffrance profonde, physique, psychologique, spirituelle et existentielle, pour qu’on se permette de me dire n’importe quoi pour tenter de me consoler !

Nous portons chacun et chacune notre croix. Lourde bien souvent, elle appesantit notre existence quotidienne. Au premier regard, elle n’a rien de glorieuse ! Ce langage est scandale et fausseté si la croix n’est pas mise en connexion avec l’Amour jaillissant du Cœur du Christ… Voilà ce cœur qui a tant aimé les hommes (…) jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. (1)

Alors, j’accueille le vocable, je suis d’accord pour affirmer que la croix est glorieuse : oui, dans l’Amour du Christ salvateur, je peux alors célébrer en lui la victoire de la croix sur le mal, sur la mort, sur les ténèbres, sur le non-amour : Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ! (Galates 6,14).

Après avoir cheminé spirituellement, après un temps de maturation, de réflexion et d’intériorisation… L’Esprit Saint me permet de voir les choses autrement et de discerner un sens positif à cet objet qui était au temps de Jésus, source de tortures et d’expiation : la glorification dans la croix !

Que je sois chrétien ou non, pratiquant ou non,

que représente la croix pour moi aujourd'hui ???...

(1 (1) Locution spirituelle intérieure révélée à sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690).

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



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Novembre 2011...

"Seigneur, viens donc me chercher !"

Ce cri de désespoir, je l’entends trop souvent dans la bouche des personnes avec qui je m’entretiens sur des sujets aussi profonds que les valeurs et le sens de leur vie : « Je demande tous les jours au Seigneur de venir me chercher ! Faut croire qu’il entend pas ma prière, car il ne m’exauce pas ! »


© Photo 2010 Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

Vivre et mourir

La lourdeur du quotidien, la solitude, l’ennui, la fatigue ou le découragement, le mal de vivre, le sentiment d’inutilité, la perte d’un être cher, une maladie incurable, la perte de la mobilité, de la dextérité manuelle, des facultés intellectuelles ou même le sentiment que sa mission sur terre est accomplie, peuvent apporter un élément de réponse à ce désir obsessionnel de vouloir partir et mourir. Cet appel à la mort peut indiquer bien sûr un état dépressif. Pourtant on ne peut à priori affirmer que le souffrant manifeste des idées suicidaires ou demande de façon plus ou moins consciente d’avoir accès à une aide médicale dont la finalité serait l’euthanasie ou le suicide assisté.

« Seigneur, viens donc me chercher ! » Telle est la demande de l’enfant qui supplie son Père céleste de venir à sa rescousse. De mettre fin à sa souffrance, à son attente vaine. J’aimerais mourir mais je ne veux pas me tuer… L’instinct de vie et de survie sont si profondément ancrés dans notre humanité même blessée. Mais le suicide ne survient habituellement que lors de l’apparition de symptômes graves de troubles mentaux. Les maladies qui y sont reliées obnubilent, pourrais-je dire, cet instinct de vie inextinguible qui anime toute femme et tout homme équilibrés.


Il m’arrive pourtant de réciter cette prière : «
Seigneur, tant d’êtres humains luttent chaque jour avec acharnement pour vivre ou survivre malgré la maladie, les guerres, les cataclysmes naturels, la famine… Pourquoi continuent-ils à vivre avec autant de volonté? Mais paradoxalement, chaque jour, le bulletin de nouvelles fait état de centaines de victimes ayant perdues la vie sans crier gare! Pourquoi? Alors que tant d’autres attendent la mort comme une délivrance ? »… Nous devons l’avouer, il s’agit d’un véritable mystère auquel nous ne trouvons pas de réponse. La vie et la mort se défient perpétuellement et l’on ne sait pas au quotidien qui sera vainqueur…

J’ai vu… le combat de la vie à l’œuvre

Dieu merci, au long de mon ministère d’accompagnement spirituel, j’ai vu… le combat de la vie l’emporter bien souvent sur celui de la mort…

J’ai vu des bébés prématurés (25 ou 26 semaines), poursuivre leur développement à l’intérieur d’un incubateur, stigmatisés par des perfusions aussi grosses que leurs petits bras et leurs petites jambes… Et ces petits êtres continuaient à respirer et à croître…

J’ai vu des enfants, de 5, 7 ou 12 ans, atteints de cancer, recevoir à nouveau coura-geusement, dans un environnement stérile, une greffe de moelle osseuse qui les guérirait peut-être après un autre traitement difficile de chimiothérapie…

J’ai vu des adolescents souffrant de troubles respiratoires provoqués par la fibrose kystique… J’en ai vu d’autres venir fidèlement deux ou trois fois par semaine à l’hôpital, pour leur traitement de dialyse. Avec la détermination au fond des yeux, ils tentaient de vivre une existence « normale » pour un jeune…

J’ai vu tant de papas et de mamans aimer éperdument leur enfant autiste ou trisomique, et leur apporter soins, tendresse, et joie de vivre… Au prix de grands sacrifices, ils réussissaient de petits miracles avec ces êtres vulnérables…

J’ai vu de jeunes adultes, diminués inexorablement par la progression des effets destructeurs de la sclérose en plaque, animés d’une volonté de vivre extraordinaire, bien qu’ils soient cloués désormais à leur chaise roulante ou leur lit…

J’ai vu tant de personnes accidentées, aux soins intensifs, réapprendre à vivre au cœur du quotidien malgré les séquelles physiques et psychologiques inévitables…

J’ai vu des personnes souffrant de profondes dépressions fidèles à prendre une médication aux effets secondaires insoutenables et qui n’apportait pas toujours le soulagement promis…

J’ai vu tant de gens continuer leur existence au jour le jour comme si tout allait bien, dans le silence et la discrétion, en dépit de maladies invisibles et incurables menaçant de les emporter d’un jour à l’autre...

J’ai vu des dames âgées et des hommes usés par le travail et la vie, alités depuis des années, souffrant de cécité, de surdité ou d’arthrite, mais qui souriaient chaque fois qu’on les visitait…

J’ai vu… J’ai vu… J’ai vu… tant et tant de personnes souffrantes de divers maux mais dont le combat ultime se résumait à vivre le moment présent. Il s’agit d’un constat. Dans son livre à succès, Le chemin le moins fréquenté (1978), Scott Peck l’affirme dès les premières lignes : « La vie est difficile… » (1).


En conclusion

« Seigneur, viens me chercher ! »… Cette requête qui vient du cœur n’exprime pas nécessairement que la personne renonce à se battre pour vivre. Elle signifie néanmoins le souhait d’un lâcher prise afin d’accéder à une autre étape de la Vie… Qui sait ? Néanmoins, toutes ces personnes ont besoin de notre attention et de notre affection…

Nous affirmons souvent, dans le langage courant, que c’est Dieu qui vient chercher les personnes lorsqu’elles meurent. Cette expression est fausse. Ce n’est pas Dieu qui vient chercher les enfants malades ou les vieillards agonisants. C’est plutôt la maladie, l’usure normale du corps, la violence humaine, la guerre, un accident ou des circonstances tragiques tel un incendie, un pont qui s’écroule, un tremblement de terre. Dieu n’a pas créé la mort. Il veut que les êtres humains vivent… « Dieu a créé l’homme immortel (…). Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment de la mort ne les touchera point.», nous dit le livre biblique de la Sagesse (2,24…3,1).


Parce que j’ai vu tant de personnes combattre pour vivre, je souhaite que ces quelques pensées sur la mort et la vie, en ce mois de novembre, vous apportent un soutien spirituel et moral lorsque vous direz la prochaine fois : «
Seigneur, viens me chercher ! »

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.


(1) Scott Peck s’appuie sur la première des quatre vérités nobles enseignées par Bouddha : « la vie est souffrance ».




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Décembre 2011...

Les musiques de Noël:

une tradition qui perdure

Minuit, chrétiens !

« Minuit, chrétiens, c’est l’heure solennelle, où l’Homme-Dieu descendit jusqu’à nous ! »… C’est toujours avec un indescriptible frisson dans le dos que nous entendons ce cantique aux paroles éternelles interprétées bien souvent par le meilleur ténor du village accompagné de la chorale paroissiale et de la musique majestueuse soufflée par les tuyaux de l’orgue…

Bien que les messes de « minuit » soient actuellement célébrées à toutes heures de la soirée du 24 décembre, et qu’on aie tenté de modifier ou de corriger, avec plus ou moins de bonheur, certaines paroles de ce chant qui ne respectent pas les enseignements théologiques sur le salut, cette pièce musicale fait depuis longtemps partie du répertoire classique de toute fête de Noël qui se respecte !

Un héritage fragile

Il faut bien l’admettre, plusieurs traditions, rattachées particulièrement à la dimension religieuse chrétienne et catholique, battent de l’aile. Les nouvelles générations ne connaissent pas ou très peu les rituels propres aux fêtes religieuses traditionnelles dont les jours étaient chômés : la Toussaint, l’Immaculée-Conception, le Mercredi des cendres, etc.

Cependant la fête de Noël conserve tout son charme, malgré les effets pervers de la consommation à outrance. Nous célébrons Noël plus tôt que par le passé, mais l’esprit de célébration, de partage, de générosité, de paix, qui s’avèrent des valeurs bien chrétiennes, continuent d’être véhiculées par les guignolées, les repas pour les personnes isolées, les rencontres familiales, les démarches de réconciliation…

Nativité et musique

Il faut admettre c’est à travers la musique que la tradition est demeurée la plus respectée. De vieux airs ancestraux, provenant d’époques et de pays divers, continuent d’être interprétés par des artistes et des chœurs de partout dans le monde. Radio, télévision, internet diffusent pendant plus d’un mois, de nouvelles compositions sur le mystère de la Nativité, ou sur le Père Noël, mais le répertoire classique religieux et populaire demeure bien ancré dans les mœurs.


Ces cantiques religieux qui ont été composés parfois il y a des centaines d’années, - tels
Les anges dans nos campagnes, Il est né le divin Enfant, Sainte Nuit, Mon beau sapin, Away in a Manger, Adeste fideles, O Little Town of Bethleem, What Child is this ? - côtoient un répertoire classique et moderne de chants plus populaires : Petit Papa Noël, Noël c’est l’amour, Les enfants oubliés, Feliz Navidad, Jingles Bells, White Christmas, I’ll Be Home for Christmas, I Saw Mommy Kissing Santa Clauss - pour ne nommer que ceux-là !

Héritage vivant du christianisme

Les disques de Noël ne se démodent pas. Chaque année, on peut ressortir ces trésors musicaux qui élèvent nos esprits. Qui peut rester insensible, à la dimension spirituelle qui ressort de l’héritage chrétien ? Même si on ne réfléchit pas toujours à la signification des mots, ces airs élèvent irrésistiblement les esprits: nostalgie, souvenirs d’enfance, liens familiaux, traditions, sentiments religieux, sentiments de joie ou de peine, toute l’expression des valeurs spirituelles enracinées dans la grande tradition chrétienne.

Noël, fête d’humanité

Noël est la fête du Verbe incarné, du Dieu qui se fait chair, de l’Emmanuel le « Dieu-avec-nous »… Quoiqu’on dise, quoiqu’on pense, en dépit du brassage culturel et religieux que nous vivons en ce monde contemporain, les chants et la musique de la Nativité du Christ nous invitent à redevenir plus humains, plus près des autres, à réaliser que nous formons une grande famille universelle qui aspire à l’amour, la justice et l’harmonie.

PAIX AUX HOMMES ET AUX FEMMES

DE BONNE VOLONTÉ !

C’est mon vœu le plus cher en ces jours où la musique de Noël

perpétue une tradition qui perdure pour le bien de l’humanité.

JOYEUSE FÊTE DE LA NATIVITÉ!

JOYEUX NOËL!


Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.


Vives reconnaissances à André Bisaillon pour la révision et la correction

de tous les textes présentés dans cette chronique mensuelle.



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