Les jardins sont

une des formes de rêve,

comme les poèmes,

la musique et l'algèbre.


Hector Bianciotti

Dernière mise à jour | 9 janvier 2017

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  Blogue sur le parc - année 2013…  



SOMMAIRE DES THÈMES DÉVELOPPÉS

Janvier:   Armes - Bonheur

Février:   Conscience - Dieu

Avril:        Enfant - Fête

Mai-Juin:  Germination - H20 - Informatique

Juillet:     Joie - Kaaba - Laïc

Août:        Naissance - Mort

Septembre-octobre: « Québec, qu’as-tu fait de ton baptême ?

Novembre: La quête


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BLOGUE DE JANVIER 2013


UNE ANNÉE ALPHABÉTIQUE (1) - Lettres A & B

AArmes… C’est le premier terme qui vient à mon esprit avec ce symbole dénommé alpha chez les Grecs. Les tragédies qui se déroulent quotidiennement sur la scène mondiale nous rappellent ces «jouets » dangereux et meurtriers. Chaque jour, en Syrie, à Tombouctou ou dans une école rurale des États-Unis, des vies innocentes sont massacrées, funeste constat engendré par cette violence perpétuelle… L’homme s’avère le pire ennemi de sa propre humanité. Une rumeur de projet de loi américain voulant contrôler les armes a entraîné immédiatement un bond faramineux de ventes de ces instruments à la fois protecteurs mais plus souvent destructeurs. Quand donc serons-nous armés de désirs de paix, de réconciliation et d’unité ?


BBonheur… Bonté… Bienveillance… Que de jolis mots à inscrire à l’agenda comme projet pour la nouvelle année ! Tout homme et toute femme de bonne volonté aspirent au bonheur… Réalité spirituelle, indescriptible, indicible, de nature divine ! Eh oui, cette quête de bonheur habite le cœur de tous les êtres humains… De la naissance jusqu'au dernier soupir ! Mais que de bonheurs d’occasions, matérialistes, idéalistes, égocentriques apportent leur lot de désillusion, de déception, de désespérance… «Bienheureux les pauvres de cœur, ils auront la terre en partage ! » (Matthieu 5,1) Cette terre désigne la réalisation de soi, le soulagement de cette soif profonde d’accomplissement qui nous conserve toujours en quête, en désir, en attente… Bonne et heureuse année 2013 !


Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.


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BLOGUE DE FÉVRIER 2013


UNE ANNÉE ALPHABÉTIQUE (2) - Lettres C & D


Bonjour chers amis internautes,


Nous poursuivons ce mois-ci notre réflexion spirituelle sur certains thèmes à partir des lettres C et D de l’alphabet.


CConscience… J’ai choisi de développer le thème de la conscience . Ce terme de conscience peut recouvrir plusieurs dimensions, selon le point de vue d’où l’on part. Aux plans psychologiques et philosophiques, la conscience désigne cette faculté mentale qui nous permet d’appréhender sous formes de sensations ou d’émotions les phénomènes extérieurs ou intérieurs. Elle peut aussi se situer dans la sphère morale et éthique. La conscience m’aide à choisir entre ce qui est bien ou mal. Si nous considérons la conscience du point de vue spirituel, elle réfère davantage au fait d’exister, à l’être profond, qu’on désigne parfois comme l’âme… Cette très brève description de la conscience n’englobe évidemment pas toutes les nuances et l’infinité de cette réalité. Cependant, il me semble que c’est un thème fondamental. Si je suis conscient, donc je suis en vie. Si je suis conscient, donc j’existe. Et cette perception de l’être que je suis ne vient pas de ce que je fais ou non, mais du simple fait de respirer, de ressentir, de toucher, de penser, … et de me projeter le plus possible dans le moment présent. Le souffle de vie qui m’anime en cet instant précis s’avère la base de la spiritualité et de l’être. La conscience peut alors devenir chemin vers la sérénité, la sagesse, le bonheur…


DDieu… Oh la la ! Je m’aventure sur un terrain glissant… Évoquer Dieu aujourd’hui éveille toutes sortes de réactions et de représentations… Est-ce que Dieu existe vraiment ? Qui est-il ? Quels sont mon Dieu et mes dieux ? Le mystère divin a-t-il été inventé pour expliquer l’inexplicable ? Quelle place prend-il dans ma vie ? Pourquoi le désigne-t-on comme le « bon » Dieu ? A-t-il vraiment créé le cosmos et l’être humain ? Pourquoi n’intervient-il pas dans notre monde assailli par l’injustice, la guerre, la pauvreté, la maladie, la faim ? Quels noms lui attribuons-nous ? Est-ce que les dieux des différentes religions se résument à un même dieu ? Est-ce une énergie, un feu, une lumière, un souffle qui donne sens à ma vie ? Cette évocation de questionnements sur Dieu n’est rien de moins que le dessus de l’iceberg qui pointe dans l’océan de notre univers… Personnellement, je perçois « mon Dieu » comme l’Amour que Jésus Christ m’a révélé par son incarnation et sa résurrection. Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? dit Dieu


Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

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BLOGUE D’AVRIL 2013


UNE ANNÉE ALPHABÉTIQUE (3) - Lettres E & F


Bien chers visiteurs de ce parc aux sentiers spirituels,


Des difficultés d’ordre technique nous ont obligé de faire relâche pour la chronique du mois de mars. Néanmoins, en cette saison printanière, nous poursuivons notre année alphabétique avec les lettres E & F. Bonne lecture !


EEnfantUn dicton énonce qu’un enfant sommeille toujours en nous... Comme être humain, nous devons passer par cette étape obligatoire qu’est l’enfance. Période de croissance, d’apprentissage et de découverte… Temps de fragilité et de vulnérabilité… Époque de la vie où nous dépendons de nos parents ou d’une personne responsable. Années où nous nous développons et devenons l’adulte que nous sommes aujourd’hui. Le bonheur ou le malheur colorent et influencent notre enfance. Les étapes de l’enfance, avec ses rires et ses pleurs, ses joies et ses souffrances s’inscrivent de manière indélébile dans les fibres de nos cerveaux et de notre chair. Au plan humain, l’enfance demeure une période de la vie qui nous marque à jamais. Quant à la dimension spirituelle, les enfants manifestent une grande capacité d’ouverture et d’émerveillement par rapport à des valeurs tel l’amour, le partage et la paix ainsi que réceptifs à la religiosité. La psychologie nous aide à rechercher les traces de l’enfant que l’âge adulte semble avoir enfoui au tréfonds de nos êtres. Il nous faut parfois traverser ce chemin pour guérir des blessures profondes. D’autre part, sainte Thérèse de Lisieux, une jeune carmélite normande, a développé au 19e siècle ce que l’on appelle désormais la « petite voie de l’enfance », sentier spirituel invitant à la confiance et au lâcher-prise pour mieux vivre l’Évangile et sa qualité « d’enfant bien-aimé de Dieu ».


FFêteComment peut-on traverser notre existence sans avoir de ses périodes joyeuses, libres, gratuites où l’on peut vivre pleinement en bonne compagnie ou célébrer un événement significatif ? Dès l’enfance, la fête accompagne notre pèlerinage comme être humain. De la première chandelle soufflée aux étapes humaines et religieuses qu’on souligne : baptême, anniversaire de naissance, graduation, engagement, mariage ou tout simplement exprimer l’amitié ou l’amour envers autrui lors d’un repas ou d’une sortie… La fête revêt différentes formes, de multiples rituels, et des accords musicaux qui nous permettent de chanter et de danser ! Même au cœur de la désolation et du malheur, l’être humain ressent ce besoin de festoyer. Au cœur de la Shoah, on improvisait parfois avec les moyens du bord de petites fêtes spontanées. Car la fête aide à donner du sens à la vie, à l’existence. Les divers courants religieux ont élaboré une spiritualité de la fête qui permet de marquer les étapes de l’année liturgique ou des moments importants reliés aux croyances et aux valeurs. La fête semble un besoin existentiel pour tout individu mais aussi pour la famille humaine. Les célébrations entourant l’arrivée du nouveau millénaire en 2000 demeurent une évocation éloquente de ce besoin de festoyer. Ce thème me rappelle finalement la parabole du Père miséricordieux et de ses deux fils de l’Évangile de saint Luc (chapitre 15): « Il fallait bien festoyer ! Car mon fils était perdu et il est retrouvé ! Il était mort et il est revenu à la vie ! »…

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

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BLOGUE DE JUIN 2013


UNE ANNÉE ALPHABÉTIQUE (4) - LETTRES G, H & I



Fidèles internautes,


Décidément, l’année 2013 me donne du fil à retordre. Des mésaventures électroniques m’ont empêchées de faire la mise à jour de mon site internet et du blogue mensuel en mai dernier… Mais qu’à cela ne tienne, je vous remercie de votre patience et de votre fidélité. Voici les thèmes spirituels que m’inspirent  les prochaines lettres de l’alphabet G, H et I… Et bon été !


GGermination Au cœur d’un parc, le processus de la germination est une expérience si simple qu’elle apparaît presque banale… Aussitôt qu’une graine ou une semence est mise en contact avec de l’eau, et si les conditions climatiques et extérieures s’avèrent bonnes, la germination commence… et pour paraître bien « cultivé », je peux vous dire qu’elle se termine lorsque la radicule a percé la cuticule. Une tige apparaît alors, et la croissance biologique de la plante se poursuit aussi bien sous terre qu’au-dessus, avec feuilles, fleurs, fruits, etc. La germination est un thème magnifique pour évoquer la croissance spirituelle de nos êtres… Et à développer à l’infini !


HH2O Sans la fusion de ces deux molécules, il n’y aurait pas d’eau, et par conséquent pas de vie sur la terre. L’eau est essentielle à la vie. Notre corps est constitué d’eau en grande partie. De même, notre planète « bleue » dénote avec évidence que les continents forment des îles au milieu de grandes étendues d’eau, océans, fleuves, rivières, lacs… Mais l’eau, malgré son abondance, demeure une ressource fragile et vulnérable. Le développement humain, la pollution et l’industrialisation mettent aujourd’hui en péril H2O. Je crois que le plus grand défi actuel de l’être humain est de garantir à tous et toutes l’accès à notre « sœur » l’eau, comme l’appelait affectueusement saint François d’Assise, une eau bonne, pure, en quantité suffisante pour vivre et survivre.

L’eau comporte aussi une importante représentation spirituelle. Un article du magazine Géo (février 2011) évoque « la magie des eaux sacrées ». Pour toutes les religions et les courants spirituels, l’eau est symbole de vie intérieure, de renouvellement, d’engagement. Les pèlerinages au Jourdain, au Gange, ou à la source près de la grotte mariale de Lourdes montrent l’importance de cet élément naturel et spirituel que représente l’eau. Plusieurs rites sacrés, pensons au baptême par exemple (qui signifie être plongé), n’existeraient tout simplement pas ou perdraient leur signification si nous n’avions plus accès à l’eau… Et pour clore le sujet, un parc pourrait-il être un véritable parc digne de son nom s’il était privé de bassins et de fontaines multiples ?...

IInformatique… Internet… Intercommunication… Le mois dernier, j’ai eu le malheur de « perdre » mon ordinateur portable lors d’un déménagement. Mon précieux outil de travail avait été entreposé par mégarde dans une boîte de bibelots du salon… Je l’ai retrouvé 3 semaines plus tard ! Incroyable combien je me suis senti démuni sans mon ordi pendant tout ce temps ! J’avais comme égaré une partie de moi-même ! Comme si j’avais perdu une main ou un ami... Cette expérience d’absence informatique pendant ces quelques semaines m’a fait prendre conscience combien nous devenons dépendants de cet instrument si extraordinaire pour communiquer, apprendre, se ressourcer, échanger, s’exprimer… L’informatique peut aussi être au service de la spiritualité… Mais comment  et à quel prix? Si je développe une addiction à cette machine, suis-je vraiment connecté à mon être profond, à tout ce qui constitue la dimension spirituelle de ce que je suis comme être humain ? Suis-je en véritable communion avec d’autres humains ? En tous les cas, j’étais très excité d’avoir retrouvé mon ordi… Je l’ai sorti de la boîte comme un trésor très précieux. Mais je retiens de cette expérience une grande leçon : l’informatique est au service de l’être humain et non l’homme au service de l’outil… Jésus n’aurait-il pas dit quelque chose de semblable concernant le jour sabbat...? À bientôt !

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

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BLOGUE DE JUILLET 2013


UNE ANNÉE ALPHABÉTIQUE (5) - LETTRES J, K & L


Ami(e)s lecteurs et lectrices,

Depuis quelques jours, la saison estivale est enfin arrivée dans tout l’hémisphère nord de notre Terre, tandis que dans la partie sud, c’est plutôt le temps de l’hiver avec ses températures plus clémentes pour certains pays où le soleil chauffe de ses rayons ardents une grande partie de l’année… Que de diversités sur notre petite boule verte et bleue qui cohabite avec des milliers d’étoiles et d’autres planètes de la Voie Lactée…Trêve de paroles ! Passons maintenant aux thèmes spirituels que m’inspirent les lettres de l’alphabet… J, K & L…


JJoie… C’est le premier mot qui a jailli dans mon esprit en songeant à la lettre « j ». La joie s’avère une réalité très subtile, humaine et spirituelle. D’ailleurs, la Nouvelle Traduction de la Bible (2001) exprime les béatitudes : « bienheureux », par le mot « joie ». « Joie de ceux qui sont à bout de souffle, le Règne des cieux est à eux. » Sans déprécier d’autres traductions : « Bienheureux les pauvres en esprit, le Royaume de Dieu leur appartient », l’herméneutique de la traduction des textes originaux apportent souvent une saveur et une richesse insoupçonnées… Personne ne peut être indifférent, ni à la joie, ni au bonheur. Au cœur de nos souffrances et de nos détresses humaines, nous aspirons du fond de nos êtres à cette qualité spirituelle qui ne peut s’exprimer par des mots. Les saints, à la suite du Christ, témoignent de cette joie indicible. Bouddha, pour sa part, a « intuitionné » les huit béatitudes de Jésus en nous léguant le Noble Sentier Octuple, qui s’avère un chemin de sagesse pour trouver la joie intérieure. Enfin, la joie n’est-elle pas route de liberté, de vérité, où plutôt le contraire ? Néanmoins, si nous atteignons la liberté de l’être, et la vérité, la joie nous est léguée en héritage…


KKaaba… J’aurais pu aborder le thème bouddhique du karma, ce processus par lequel les actions humaines, bonnes et mauvaises, déterminent la qualité de la vie actuelle et des futures renaissances. Mais l’image qui est apparue dans mon esprit a été plutôt cet extraordinaire rassemblement qui a lieu chaque année à la Mecque et qui attire des millions de fidèles musulmans. Ceux-ci tournent religieusement et pieusement (ce qu’on désigne par le mot circumambulation) autour d’une pierre mystique noire et vide située au cœur de la Mosquée Sacrée. Cette pierre qui symbolise à la fois un aspect physique mais aussi divin rappelle au pèlerin de l’Islam qu’il ne peut y avoir d’objet d’adoration pour le croyant. Dieu est unique, et la Kaaba représente le lieu vers lequel se dirige la prière des croyants de la communauté musulmane. C’est pourquoi, de partout dans le monde, on se tourne en direction de la Mecque pour la prière quotidienne. Ceci nous rappelle combien la foi a besoin de repères tangibles pour s’exprimer concrètement…


LLaïc… Ce mot vient du terme laos qui signifie « peuple », et qui distingue les mondes religieux et séculier. Clercs, prêtres, rabbins, imams, moines, etc. appartiennent à la réalité ecclésiale, religieuse, hiérarchique… tandis que la personne laïque représente le  croyant qui appartient à un groupe religieux, mais se situe comme à la base de la « pyramide »… D’ailleurs, dans l’Église catholique, une expression malheureuse illustre bien cette réalité : lorsqu’un clerc quitte l’état sacerdotal, on dit qu’il est « réduit » à l’état laïc… Pourtant, au sein du christianisme, l’Église se définit d’abord par Peuple de Dieu, qui comprend tous les croyants baptisés, qu’ils soient clercs ou « simples » laïcs…Heureusement, le Concile Vatican II, il y a maintenant 50 ans, a contribué à redonner sa véritable valeur au croyant laïc au sein de la communauté chrétienne. Mais il reste du chemin à parcourir… Toutefois, on utilise plus heureusement le terme « laïc » lorsqu’il s’agit de distinguer les pouvoirs religieux et séculiers dans la vie politique des pays et des gouvernements… Bon été !

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

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BLOGUE DE AOÛT 2013


UNE ANNÉE ALPHABÉTIQUE (6) - LETTRES M & N


Chers amis de ce parc spirituel,

Août, le huitième mois de l’année, appelé aussi celui d’Auguste, nous fait avancer progressivement vers une autre saison, et nous fait entrevoir aussi les derniers mois du long périple annuel. Pour notre réflexion mensuelle à partir des lettres de l’alphabet, je choisirai deux consonnes qui se ressemblent par leur calligraphie, m & n. Cependant, je traiterai les sujets spirituels que ces lettres m’inspirent dans l’ordre inverse pour respecter le cycle de toute forme de vie : naissance et mort…


NNaissanceAu plan civil, la naissance définit le commencement de la vie humaine, le point de départ de l’existence d’une personne et constitue juridiquement l’enfant comme un être ayant des droits et des devoirs. La naissance d’un être humain a lieu habituellement après neuf mois de gestation dans le sein d’une mère. Mais les interprétations quant à dire si le fœtus se révèle un véritable être humain à part entière, sont différentes selon les cultures, les juridictions et les religions. L’enfant à naître a-t-il des droits, doit-il être protégé par la société ou la femme a-t-elle libre arbitre pour mener à terme une grossesse ? Déjà, au 4e siècle, saint Augustin se demandait à quel moment l’embryon pouvait être doté d’une âme… Néanmoins, la naissance est un moment difficile et pour la mère, et pour le nouveau-né. La Bible nous rappelle que « la femme enfantera dans la douleur ». Heureusement, nous disposons aujourd’hui de techniques médicales qui permettent d’atténuer quelque peu le processus de l’accouchement.


La naissance, m’interpelle aussi, au niveau spirituel. Jésus n’a-t-il pas dit à Nicodème : « Il te faut renaître, de l’eau et de l’Esprit… » Mais l’érudit qui questionnait Jésus ne compris pas immédiatement… « Comment puis-je retourner dans le sein de ma mère? » (Évangile de Jean, chapitre 3). Évidemment, le Christ parlait d’une re-naissance spirituelle. Dans plusieurs religions, les croyants sont appelés à renaître en vivant diverses démarches rituelles et religieuses, mais surtout par un esprit ouvert et disponible. Chez les chrétiens, cette renaissance est manifeste au moment du sacrement du baptême. Mais rappelons aussi, qu’au cours de la vie, l’être humain est sans cesse appelé à renaître par sa foi, ses valeurs, ses réconciliations, sa conception de la vie, ses projets, ses désirs, ses défis… Le mal, les ténèbres, la mort font mourir et éteignent en nous la lumière de la vie spirituelle. Mais comme Moïse nous le rappelle dans le Pentateuque, le Seigneur nous invite au quotidien à « choisir la vie » (Deutéronome 4,1), et ainsi à naître et renaître spirituellement afin d’être heureux et de s’épanouir dans notre dignité d’enfants de Dieu.


M… Mort… Qu’est-ce que la mort ? Comment la définir ? Quels sont les critères qui nous permettent d’affirmer qu’une personne est décédée ? Le concept de mort peut être appréhendé selon divers points de vue : biologique, médical, social, psychologique et/ou spirituel. Il peut arriver, avec les moyens techniques de la médecine, de conserver un corps vivant, même s’il n’y a plus de vie cérébrale… Nous disons parfois aussi : il s’est enterré vivant chez lui… Des personnes, pour diverses raisons d’ordre social ou psychologique, décident de se retirer du monde et semblent mortes… même si elles vivent cachées… Nous faisons aussi l’expérience humaine que la parole et la méchanceté peuvent parfois « tuer » quelqu’un plus efficacement qu’une arme…


Pour ma part, ayant accompagné plusieurs personnes sur leurs derniers instants, ayant eu la grâce de tenir la main de certains qui effectuaient à ce moment-là le « passage » vers cette autre rive inconnue et mystérieuse, en plongeant dans une autre réalité, je vous avoue entrevoir la mort comme une étape « normale » de toute existence humaine. Nous naissons, nous vivons, nous mourrons. Certains courants de pensée affirment que nous redevenons tout simplement poussière, et que la personne s’évanouit dans le néant. D’autres écoles ou religions, dont le christianisme, affirment l’existence d’une autre vie. L’être humain fait à nouveau l’expérience de l’accouchement, mais cette fois pour naître à la vie de Dieu. Ce mystère nous a été révélé par le Christ qui s’est incarné, est né de Marie, a vécu et souffert, est mort sur une croix, mais est ressuscité à une Vie nouvelle. Pour les chrétiens, l’expérience pascale de Jésus apporte un sens nouveau et une espérance devant la mort.


Car, avouons-le. Comme êtres humains la mort inquiète, angoisse, fait peur. Elle nous arrache des êtres aimés, nous fait sentir la douleur de la perte et de l’absence. Elle survient parfois naturellement, après de longues années de pèlerinage sur la terre, ou elle survient subitement à la suite d’un accident, ou encore, elle s’avère le soulagement et la délivrance suite à une maladie qui a détruit en quelque sorte le corps humain… Depuis la nuit des temps, des rituels autour des défunts se sont développés dans les civilisations, variant selon les cultures et les religions. Car, ne l’oublions pas, chaque fois que nous côtoyons la mort, celle-ci nous interpelle, elle nous rappelle la fragilité de l’existence et combien notre vie tient parfois à un fil… Quel sens puis-je donner aujourd’hui à cette expérience que je « vivrai » un jour inéluctablement ?...

Un grand chanteur québécois, Félix Leclerc, ose affirmer : « C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans ! »…

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

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BLOGUE DE SEPTEMBRE-OCTOBRE 2013


« QUÉBEC, QU’AS-TU FAIT DE TON BAPTÊME?… »


Chers amis visiteurs,


Vous me permettrez, étant donné les circonstances quelques peu alarmantes au plan politique quant à certaines décisions gouvernementales qu’on veut prendre rapidement au cours du mois de septembre, de passer outre les lettres O et P de notre alphabet, pour aller directement à la lettre Q : Québec !


QUÉBEC, qu’as-tu fait de ton baptême ?


C’est la grave question que posait le cardinal Marc Ouellet lors des consultations publiques de la commission Bouchard-Taylor en 2007 portant sur les accommodements raisonnables quant aux droits et devoirs religieux de la société québécoise.


Depuis quelques années, il semble que «le Québec est à une croisée des chemins», comme le souligne Mgr Pierre-André Fournier, président de l’Assemblée des Évêques Catholiques du Québec, dans un communiqué diffusé en juin dernier à propos du projet de loi 52 qui ouvre les portes à l’euthanasie comme pouvant être défini comme un soin de fin de vie…


Au cours des dernières semaines de l’été, un autre projet de loi a été annoncé et sera à l’étude lors de la session parlementaire automnale : il s’agit d’établir une charte québécoise des valeurs ayant pour objectif d’assurer des balises pour encadrer les demandes d’accommodements raisonnables et assurer la neutralité religieuse de l’État.


Ce projet soulève déjà un débat émotif, car il vient toucher particulièrement tous les symboles religieux qui ne pourront plus être affichés par les employés du gouvernement… dans les hôpitaux, les écoles, les institutions, etc…


Ces deux projets de loi émanant du Parti Québécois suscitent inévitablement des débats profonds sur les valeurs communes de notre société. Que fait-on de la liberté d’expression, de vivre ses croyances et sa religion dans le respect mutuel les uns des autres? Serait-on en train de revivre «à la moderne» la révolution bolchévique de 1918 en Russie qui a tenté de faire disparaître toute forme de vie religieuse, en détruisant des églises et en empêchant le peuple de se rassembler?  L’État socialiste a voulu contrôler la vie, les individus, la famille, le travail, la santé de la population. Ce régime n’a pu tenir. Il s’est écroulé de lui-même dans les années 1980. Doit-on refaire la même erreur chez nous? Laisser le soin à nos élus de décider pour nous du droit à la vie, à la mort, au bien-être, à sa foi?

L’évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr François Lapierre, ajoute, après avoir entendu les inquiétudes de ses fidèles  : « L’État doit préserver la liberté de conscience et de religion. Il doit être neutre. Mais les gens qui travaillent pour l’État, eux, ne sont pas nécessairement neutres. Et l’État ne peut les obliger à l’être », note-t-il. Des services publics, nous attendons  avant tout la compétence au travail. (Source : Proximo, 30 août 2013).

Comme chrétiens et chrétiennes, comme baptisés, ainsi que toute la population, nous sommes interpellés vivement et nous ne pouvons rester indifférents à ces questions qui nous concernent. Il ne s’agit pas seulement de sauver le crucifix de l’Assemblée nationale! Comment, dans la diversité des races et des religions, demeurer fidèles aux racines chrétiennes indéniables de notre société, à ces valeurs ancestrales qui ont contribuées à construire le Québec d’aujourd’hui? «Québec, qu’as-tu fait de ton baptême?» C’est à nous tous d’y apporter une réponse claire au cours des prochaines semaines…

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

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BLOGUE DE NOVEMBRE 2013


LA QUÊTE… DE VIVRE !

Détrompez-vous ! L’objet de ce blogue n’est pas de lancer une campagne de financement ou de passer le panier pour y recueillir des dons… En ce mois de novembre, dans l’hémisphère nord, ce mois plus sombre, ce mois plus triste pour l’âme, ce mois « des morts », ce mois de la commémoration, eh bien, ce mois de novembre s’habille aussi d’une quête… Mois d’une recherche de sens… Mois d’une quête existentielle… Mois d’une exploration en profondeur permettant d’attacher notre bouée aux valeurs qui nous font lever chaque matin pour vivre une nouvelle aventure, une nouvelle journée de vie.


Tout en écrivant ces lignes, une mélodie tourbillonne dans ma mémoire musicale… Les notes de La quête de Jacques Brel virevoltent et dessinent les mots qui s’y accrochent…  « Telle est ma quête, suivre l’étoile, peu m’importent mes chances, peu m’importe le temps ou ma désespérance… lutter… se damner pour l’or d’un mot d’amour… »


Voilà la quête de Brel : l’or d’un mot d’amour… Tel un rêve, une inaccessible étoile, « aimer jusqu’à la déchirure, aimer, même trop, même mal »… La quête de l’amour, aimer et être aimer, n’est-ce pas le désir le plus profond de toute personne humaine ? N’est-ce pas la « plus » valeur à laquelle nous aspirons au tréfonds de nos êtres ? N’est-ce pas le « leitmotiv » spirituel qui nous fait avancer sur la route de notre pèlerinage terrestre ?


Saint Paul, auteur de l’Hymne à l’amour, dans sa première lettre aux Corinthiens, chapitre 13, dit : « Il y a la foi, l’espérance et l’amour. Mais la plus grande des trois est l’amour. » Bien avant Édith Piaf, l’Apôtre des nations affirmait avec conviction que « sans amour, je ne suis rien! » Cette quête de l’amour, comme valeur fondamentale et vitale, le Christ en avait fait aussi le résumé de l’Évangile : Aimez-vous les uns les autres... Aime ton prochain comme toi-même...


Je vous souhaite de « tenter, sans force et sans armure, d’atteindre cette inaccessible étoile » en ce mois de quête… de sens, de vie, et d’amour !

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.

La quête

(Jacques Brel)


Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d´une possible fièvre
Partir où personne ne part


Aimer jusqu´à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D´atteindre l´inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l´étoile
Peu m´importent mes chances
Peu m´importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l´or d´un mot d´amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s´éclabousseraient de bleu

Parce qu´un malheureux
Brûle encore, bien qu´ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s´en écarteler
Pour atteindre l´inaccessible étoile.




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