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Les jardins sont

une des formes de rêve,

comme les poèmes,

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Hector Bianciotti

Dernière mise à jour | 9 janvier 2017

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  Jardin Martin Luther King









Martin Luther King (1929?-1968)


(La force d’aimer, Casterman, Paris, 1964, p.49-51)


Amour et pardon : nécessités absolues pour la maturité spirituelle


La grandeur d’âme de Jésus est rarement exprimée dans le Nouveau Testament avec plus de clarté et de solennité que dans ces paroles tombées de la croix : Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font (Luc 23,34). C’est le sommet de l’amour…

C’est une merveilleuse expression de l’aptitude de Jésus à joindre parole et action. L’une des grandes tragédies de la vie est que rarement les hommes jettent un pont entre la pratique et la théorie, en l’agir et le dire… Cette dichotomie étrange, ce fossé douloureux entre ce qui doit être et ce qui est, représente le côté tragique du pèlerinage terrestre de l’homme.

Mais dans la vie de Jésus, nous découvrons que le pont est jeté. Jamais dans l’histoire il n’y eut d’exemple plus sublime d’unité entre la parole et l’action. Durant son ministère dans les villages ensoleillés de Galilée, Jésus parla avec passion du pardon. Cette doctrine étrange mit en éveil l’esprit curieux de Pierre : Combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois? Pierre voulait être fidèle à la loi et à la statistique. Mais Jésus répondit en affirmant que le pardon est sans limites : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois (Matthieu 18,21-22). En d’autres termes, le pardon n’est pas une question de quantité, mais de qualité. Un homme ne peut pardonner jusqu’à quatre cent quatre-vingt dix fois sans que le pardon s’intègre à la structure même de son être. Le pardon n’est pas un acte occasionnel; c’est une attitude permanente.

Jésus enseignait aussi à ses disciples à aimer leur ennemis et à prier pour ceux qui les méprisaient. Aux oreilles de beaucoup, cet enseignement sonnait comme une musique étrange venue d’un pays inconnu. On leur avait appris à aimer leurs amis et à haïr les ennemis. Leurs vies avaient été orientées vers la réparation, selon la tradition longtemps honorée de la loi du talion. Et Jésus leur apprend que c’est seulement par un amour créateur envers leurs ennemis qu’ils peuvent être les enfants de leur Père des cieux et aussi que l’amour et le pardon sont des nécessités absolues pour la maturité spirituelle.

Le moment de l’épreuve arrive. Le Christ, l’innocent Fils de Dieu, est étendu sur une croix dressée, en une doulureuse agonie. Quelle place y a-t-il encore là pour l’amour et le pardon? Comment Jésus réagira-t-il? Que va-t-il dire? La réponse éclate avec une splendeur majestueuse. Jésus redresse sa tête couronnées d’épines et s’écrie, en ces paroles aux proportions cosmiques : Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font. C’est l’heure la plus belle de Jésus.


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