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Michel Lafontaine B.Th.,M.A. vous souhaite la bienvenue !

Les jardins sont

une des formes de rêve,

comme les poèmes,

la musique et l'algèbre.


Hector Bianciotti

Dernière mise à jour | 9 janvier 2017

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Un parc spirituel

aux nombreux

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  Sentiers de la poésie…  


La poésie est l'art d'exprimer par les mots l'indicible...

La poésie s'avère ainsi un sentier privilégié pour décrire les mystères de la spiritualité...

Revenez souvent sur ce sentier...

Régulièrement, une nouvelle poésie déploiera ses pétales spirituelles.


            Les extraits poétiques choisis sont tous tirés de l'ouvrage


Bréviaire de l'Amour (1987) (sauf De Profundis qui est extrait de Prier la Vie, 2011).


par André Bisaillon









On peut se procurer le dernier livre Prier la Vie aux éditions Novalis: http://www.novalis.ca/products.aspx?title=prier%20la%20vie.


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© Tous droits réservés. L'auteur a donné la permission de reproduire les textes présentés dans cette chronique

(extraits du Bréviaire de l'Amour, Le Renouveau, 1987 et Prier la Vie, Novalis, 2011).

                                                    Ces textes sont protégés par les droits d'auteur. Toute reproduction est interdite sans le consentement explicite de l'auteur.


 


La tendresse et l’Enfant


Gardez-la bien au chaud, au feu de la prière,

La frileuse espérance aussi qui désespère.

Gardez-la, s’il se peut, cette foi de naguère

Si faible et démunie que je n’y crois plus guère.

Gardez-la, malgré moi, la charité si forte

Qui seule apaisera la vague qui m’emporte.

Garde-la bien au chaud, garde-la, s’il se peut,

Garde-la, malgré moi, ta tendresse, Enfant Dieu…





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Des Profundis


Dans le petit matin, au mitan de ma nuit,
Il m’arrive souvent de me tourner vers lui
Et de tendre la main comme pour le toucher
L’ insaisissable amour qui vient me tourmenter.

Il m’arrive souvent, oui, il m’est arrivé,
Quand le cœur est trop plein qu’il voudrait éclater,
De vouloir arracher cet indicible lien
Qui avive la plaie d’un mal qu’il entretient.

N’est-il donc point assez de souffrances sur terre
Qu’il faille communier, ô mon Dieu, ô mon Père,
Aussi intimement à la Croix du mystère
De l’Agneau sacrifié au faîte du Calvaire?

Ne suis-je point celui parmi tous tes enfants
Le plus faible pourtant, le plus impénitent,
Le plus blessé de tous et le plus chancelant:
Au point d’être rétif à ton commandement?

Et tu me tiens pourtant attaché si serré
Qu’il n’est point une fibre en mon âme éprouvée
Qui ne te crie: « Assez! De mourir, c’est assez!
Je veux vivre Seigneur par l’Amour redonné.

Que ton sang dans mes veines glacées, affaissées,
Irrigue l’espérance et la foi moribonde.
Et que par cette grâce insondable et féconde
Je puisse évacuer la tristesse du monde. »

Et c’est dans la tempête du corps naufragé,
Quand je dériverai seul et abandonné
Sous l’horizon plombé, attiré, aspiré
Par l’abîme sans fond, qu’il va se révéler

Par un petit matin, au mitan de ma nuit.

Alors paisiblement, sur la petite barque
De la miséricorde, au milieu du grand lac,
Je pleurerai mes mots plus doux qu’une prière
Et puis je glisserai sans bruit vers sa lumière...

Par un petit matin, au mitan de ma vie,
Par un petit matin, pareil à aujourd’hui...


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© 2004 Photo Michel Lafontaine - Cathédrale de Lisieux

 

Saint Joseph artisan


Très humble saint Joseph, artisan de misère,

Toi qui as si bien su, sans jamais être amer,

Veiller sur ta famille et l'aimer, la chérir,

Et arracher au bois le pain pour la nourrir;

Très humble saint Joseph, artisan travailleur,

Toi qui ne comptais pas ni l’effort, ni les heures,

Qui ne fléchissais pas sous ton poids de malheurs

Mais qui baignais Jésus à l’eau de ta sueur;

Très humble saint Joseph, artisan ouvrier,

Dans les mines de fer, les usines d’acier,

Penchés sur la rizière ou plantant le café,

Le regard abruti, l’âme déchiquetée,

Très humble saint Joseph, artisan de bonté,

Sur terre, par millions, ces hommes exploités,

Ces femmes, ces enfants, pour trois tiges de blé

Se vendent à rabais jusques à en crever;

Très humble saint Joseph, artisan de patience,

Rends-leur la dignité, la fierté, l’espérance,

Et que soit reconnu par le juste et le fort

Le labeur sanctifié au sang de tant de morts;

Très humble saint Joseph, artisan de justice,

Dans le cœur de l’Esprit et du Père et du Fils,

Intercède pour ceux qui de leurs mains bâtissent

Le Royaume d’Amour sans croire qu’il existe.


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Ton Règne d’amour

Je t’avais demandé le pain de chaque jour,

Le vin de l’amitié, l’aumône de l’amour.

Affamé, assoiffé, le cœur toujours plus lourd,

Tu m’as laissé rôder de villes en faubourgs

Parmi les indigents mendiant des caresses…

Et puis Tu es venu, fidèle à la promesse,

M’abreuver de ton sang, me nourrir à ton corps

Et renouer en moi des liens plus doux, plus forts.

Je t’avais demandé la force de lutter,

La force de combattre pour les opprimés,

La force d’exalter ta loi de charité.

Tu m’as laissé sans voix, diminué, terrassé,

Cloué par l’impuissance et par le long oubli…

Et puis Tu es venu, mon rempart, mon abri,

Regénérer mon corps, fortifier mon esprit,

M’apprendre l’abandon, principe de la Vie.

Je te l’avais demandé la foi des plus petits,

La foi humble et pure qui sauve et sanctifie,

La foi du charbonnier qui croit, espère et prie.

Tu m’as laissé hurler dans le gouffre des nuits,

Portes et volets clos sur un doute infini…

Et puis Tu es venu chasser mes turpitudes,

Rassurer ma ferveur, sublimer l’inquiétude,

Irriguer de mes pleurs la sainte Certitude.

Je t’avais demandé la voie du lendemain,

La voie qu’il fallait suivre malgré les chagrins,

La voie où Tu serais pour me tendre la main.

Tu m’as laissé me perdre de loin en plus loin

Dans mon désert aride et ma peine profonde…

Et puis Tu es venu sur cette route immonde

Révéler ta tendresse immolée pour le monde,

Porter à bout de croix l’angoisse vagabonde.

 

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 LA MONTÉE PASCALE

ll fallait que la terre s’éveille au soleil

Et qu’on voit de son flanc éclore les merveilles

Jacinthe lilas lys narcisse cyclamen

Pour qu’au matin de Pâques l’homme se souvienne

Que le bois de la mort cèdre ou olivier

Que l’on tua un jour pour mettre un crucifié

Bois noir et bois durci rougi du précieux sang

A fleuri ce matin au détour du printemps

Mille clochettes tintent dans les bois les champs

Et ceux qui aiment savent en écoutant le vent

Et ceux qui aiment savent c’est le muguet blanc

Qui chante au temps présent Jésus Christ est vivant.

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© L'Exode,  Ed Bartram - CECC 1976

Au rythme de nos cœurs

Tant que ton cœur battra au rythme de mon cœur

Au cœur de mes hivers au cœur de tes étés

Tant que ton cœur épris de pure vérité

Me dira que toi seule a compris ma candeur

Tant que ton cœur croira qu’il est de la noblesse

Aux aveux dépouillés des humaines faiblesses

Tant que ton cœur contrit devant un cœur chagrin

Fera naître l’espoir qu’il est un lendemain

Tant que nos cœurs seront l’un par l’autre embrasés

Tant que nos cœurs verront les voûtes constellées

Nous rirons de nos peurs victorieux de l’Heure

Et l’écho de mes mots apaisera tes pleurs

Tant que nos cœurs battront tant que nos cœurs croiront

Tant que nos cœurs seront tant que nos cœurs prieront

Nous rirons de nos pleurs victorieux de l’Heure

Et l’écho de mes mots apaisera tes peurs


© 2004 - Photo Michel Lafontaine - Chartres, France

Un présent à l’amitié


Pour ta fête un rameau puisant à la promesse

Des merveilles futures fleurant la tendresse

Une maison d’oiseau s’ouvrant aux migrateurs

Messagers d’amitié et complices des heures

Et une rose unique offerte à la beauté

Délicate et gracile et pourtant éternelle

Quand dans le vent du soir elle se fait plus belle

Pour témoigner aussi des bonheurs partagés


Avant que de me taire

J’écris pour dire je vous aime

J’écris pour partager vos peines

J’écris pour tous les mal aimés

J’écris pour les déshérités

J’écris pour les désespérés

J’écris pour les réconforter

J’écris pour tous les morts vivants

Pour les arracher au néant

J’écris pour vous petits et grands

Pour protéger vos cœurs d’enfants

J’écris pour soigner la blessure

J’écris la fin d’une aventure

J’écris chaque désillusion

J’écris pour demander pardon

J’écris pour encor mieux graver

Les leçons de mon vieux passé

J’écris pour ne pas oublier

Qui m’a relevé et aimé

J’écris pour tenter d’assumer

Ma pauvre pauvre pauvreté

J’écris pour mieux exorciser

Toutes mes sensibilités

J’écris pour dire mon ennui

J’écris pour crier nos envies

J’écris pour chaque solitude

J’écris nos tristes habitudes

J’écris pour mieux vous célébrer

J’écris pour chanter la beauté

J’écris c’est une fantaisie

Dans la grisaille de vos vies

J’écris pour que puisse éclater

La bombe de mes vérités

J’écris pour que soient incarnés

Les mots que Dieu m’aura donnés

J’écris pourtant j’ai mal d’écrire

Mais ne pas dire c’est mentir

J’écris mais est-ce intelligent

De gaspiller ainsi son temps

Pour exalter des sentiments

J’écris c’est ce que je sais faire

Sinon je ferais des affaires

Puis je partirais en croisière

Les yeux fermés sur vos misères

Et je n’aurais plus qu’à me taire

AUX CONFINS DE TON COEUR


Plus loin, toujours plus loin:

Aux confins de ton coeur où germe l'espérance;

Plus loin, toujours plus loin:

Aux creux du corps inerte instruit par la souffrance.

Plus loin, toujours plus loin:

Au seuil du désespoir, prémices de la paix;

Plus loin, toujours plus loin:

Au temps de solitude, amie de l'Agapè.

Plus loin, toujours plus loin:

Au vent de l'impuissance purificatrice;

Plus loin, toujours plus loin:

Au soir des confidences régénératrices.

Plus loin, toujours plus loin:

Au matin d'abandon, calice de prière;

Plus loin, toujours plus loin:

Au sortir de la mort, l'Esprit-Saint qui éclaire.

Va plus loin ! va plus loin !

La Providence veille.

Va plus haut ! Va plus loin !

Va chanter Ses merveilles.


© 1994 Photo Michel Lafontaine - Etretat - Normandie

André Bisaillon est né à Montréal, Québec, Canada, et a poursuivi des études universitaires en administration, en pédagogie et en littérature, en art dramatique et en journalisme. Enseignant, animateur de sessions d'art dramatique et annonceur à la radio et à à la télévision, il a publié 3 recueils poétiques: Prie-Aime (1981) et Le Bréviaire de l'Amour (Éd. Le Renouveau, 1987) et Prier la Vie (Novalis 2011). Monsieur Bisaillon a aussi été président du Comité des résidents du Centre d'Hébergement Réal-Morel (CSSS Sud-Ouest, Verdun) de Montréal. Il poursuit sa carrière d'écrivain en composant régulièrement des textes et poésies à saveur chrétienne et spirituelle.