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Michel Lafontaine B.Th.,M.A. vous souhaite la bienvenue !

Les jardins sont

une des formes de rêve,

comme les poèmes,

la musique et l'algèbre.


Hector Bianciotti

Dernière mise à jour | 9 janvier 2017

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  Sentiers de la spiritualité chrétienne…  


Gérard Raymond 

(1912-1932)

Élève du Petit Séminaire de Québec

 


Le Journal de Gérard Raymond en 1980 fut mon chemin de Damas, comme saint Paul...

La lecture du Journal intime de ce jeune homme de mon âge, mais d'une autre époque, fut pour moi transfigurante ! Sa jeunesse, son ardeur et son amour, ses hauts et ses bas sur le chemin de la perfection ont inspiré mes premiers pas sur le sentier de la vie spirituelle. Même si plus de 50 ans me séparent de lui, ce jeune homme québécois a su allumer la flamme de l'Esprit en mon coeur. Plusieurs années avant de décourvrir Gérard Raymond, je rêvais de devenir prêtre, mais cet humble jeune homme de la ville de Québec, a donné un sens renouvelé à cet appel intime de mon coeur. Je suis conscient qu'il n'est pas aisé de "traduire" pour aujourd'hui les écrits de cet étudiant amoureux du Christ décédé prématurérment à 20 ans, mais j'ose néanmoins vous le présenter...

  Michel Lafontaine, B.Th. M.A.

 



Gérard Raymond, un jeune québécois rempli d'ardeur !


Gérard Raymond est né à Québec le 20 août 1912, et il y a fait ses études au Séminaire de cette ville. Il est décédé des suites de la tuberculose à l’Hôpital Laval, le 5 juillet 1932.

Son idéal était : Aimer – souffrir – aimer. Son grand désir était de devenir prêtre, missionnaire, martyr.

C’est grâce à son Journal, publié en 1937, que nous connaissons ses aspirations et son cheminement spirituel.

Cependant, le style littéraire de ce jeune étudiant peut déconcerter la jeunesse d'aujourd'hui. Il écrit simplement, presque au quotidien, mais dans un style qui appartient à son époque. Il faut savoir lire "entre les lignes" pour saisir la grandeur et le dynamisme de cette âme d'élite. Son ardeur est stimulante, et les valeurs qui l'animent en font assurément un modèle de persévérance, d'espérance et d'engagement...

Sa spiritualité, bien que colorée par son inspiration à devenir pasteur à la suite du Bon Berger, est centrée sur le devoir d'état bien accompli avec générosité et fidélité. Le "procès" de canonisation a été introduit à Rome il y a quelques années.
































 

 

           Journal de Gérard Raymond publié en 1937
































  Reproduction d’une image pieuse de Gérard Raymond


Des sites à visiter pour aller plus loin…


http://spiritualitechretienne.blog4ever.com/blog/lire-article-83937-1917332-le_serviteur_de_dieu_gerard_raymond.html

 

http://www.ourroots.ca/f/toc.aspx?id=3795

 

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Extrait du Journal de Gérard Raymond (8 juillet 1931)


Voici donc que j'ouvre un cahier nouveau. Si je continue à fréquenter assidûment mon journal, ce cahier sera à son tour, vite terminé.  Mais, je ne crois pas que ces notes soient inutiles. Je viens de relire mes deux derniers cahiers ; cette revue me donne un élan nouveau, je repars avec plus d'ardeur. Au cours de cette lecture, j'ai remarqué que mes meilleurs jours ont été ceux-là où la lecture de la vie de la petite Thérèse de Lisieux est venue me réconforter. En conséquence, pour renouveler ces beaux jours, pour reconquérir l'amour ardent de Jésus, l'amour du sacrifice, l'amour des âmes, je veux relire la vie de la petite Thérèse, me pénétrer à nouveau de sa doctrine bienfaisante et simple.

 

Dès ce midi, je me suis mis à lire " L'appel aux petites âmes ". J'y trouve autant d'intérêt que la première fois, et aussi beaucoup de fruits. Ce que Thérèse accomplit avec l'aide de son Jésus, pourquoi, moi, ne le ferai-je pas? Je peux au moins aspirer à l'imiter;   jamais  un  idéal  n'est  trop  haut  placé.  Je  veux  donc l'imiter et entrer dès à présent, de plein pied, dans sa petite voie d'enfance spirituelle. Je commence donc.Ce n'est pas la première fois que je " commence " ainsi. Il me semble que vous devez sourire un peu, ô mon Jésus, de toutes ces protestations d'amour, de ces promesses.

Mais non, si vous souriez, je sais bien que c'est seulement pour m'encourager à avancer sans crainte, avec confiance et simplicité. Le petit enfant est sincère, quand il promet à sa maman, de ne plus faire ce qu'elle lui défend, jamais, jamais. Et la mère accueille avec joie, avec amour, les serments de son enfant, bien qu'elle sache que le lendemain, peut-être, il faudra recommencer.

Ma faiblesse égale celle du petit enfant, ô Jésus, mais vous, votre bonté dépasse infiniment celle de la maman. J'ai confiance  en vous. Je sais que vous ne me rejetterez pas. Donnez-moi la force de recommencer, chaque fois, qu'il faudra recommencer. Je n'ai rien à craindre qu'un défaut de courage et de force de ma part, car je puis compter sur votre patience inlassable.

Accueillez-moi donc, encore une fois, dans vos bras. Je veux suivre votre petite fleur, dans la petite voie que vous lui avez montrée et que vous lui avez permis d'enseigner si bien aux autres. Je vous jetterai des fleurs, moi aussi, et je m'abandonnerai totalement à vous.

Pour cela, je n'ai rien à changer dans ma vie, je n'ai qu'à en changer l'esprit. Tout faire par amour, enrichir ma vie en plongeant tout ce que j'ai, tout ce que je fais, dans le bain d'or de votre Cœur.

Je veux continuer d'être fidèle plus que jamais à mes résolutions de retraite, surtout oraison et lecture spirituelle. Pour ce qui est de la lecture du saint Évangile et de l'Imitation de Jésus-Christ, je commence à en prendre l'habitude, cela devient presque naturel. Il n'en est pas de même encore de l'oraison ; je ne la fais pas toujours à la même heure, et l'habitude s'acquiert plus difficilement. Mais, je veux corriger cela.

Je veux acquérir de saintes habitudes de vie afin que la vertu me devienne facile et naturelle, en autant que cela peut être. Je veux surtout vivre en la présence de Dieu, en compagnie de Jésus. Si je pouvais obtenir cela, tout le reste viendrait facilement. Je ne m'efforce pas assez d'acquérir cette vertu. Au moyen de l'oraison, de la visite au Saint-Sacrement, de la lecture spirituelle, je veux y parvenir.

Je prends la résolution de me mêler de ma petite affaire, ne pas m'occuper de ce qui ne me regarde pas du tout. A chaque sonnerie de l'horloge, un coup d'œil vers le ciel, revue de l'heure écoulée, aperçu de celle qui commence.

Le plus tôt possible, je veux relire mes deux cahiers de notes (3 et 4 surtout), pour faire provision de ferveur.

O bonne Thérèse, aidez-moi, priez pour moi, obtenez-moi l'amour, l'amour véritable qui unit à celui qu'on aime, qui pousse à se vouer pour lui. Je veux être un saint ; je me mettrai à cette école de l'amour divin, dont Jésus lui-même disait que nulle part ailleurs il ne s'en trouvait de plus belle, la règle de saint François. Conservez-moi pur jusque là.