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Michel Lafontaine B.Th.,M.A. vous souhaite la bienvenue !

Les jardins sont

une des formes de rêve,

comme les poèmes,

la musique et l'algèbre.


Hector Bianciotti

Dernière mise à jour | 9 janvier 2017

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  Sentiers de la spiritualité chrétienne…  


Sentier marial


Au coeur de la spiritualité chrétienne, se détache une figure féminine de grande importance: la Vierge Marie. On retrouve un culte féminin dans diverses traditions des grandes religions au cours des millénaires, mais la dévotion mariale s'annonce originale au sein de la chrétienté. Il s'agit de Marie, une jeune femme de Palestine, qui a donné naisance à Jésus, à la fois homme et Dieu... Petit à petit, les chrétiens se sont tournés vers cette mère, à la fois semblable à toutes les mères, mais aussi différente. Marie a joué un rôle primodial dans l'histoire du salut chrétien. C'est à partir des sources du Nouveau Testament, et par la suite, des réflexions d'ordre théologiques et spirituelles, que s'est développée le culte mariologique. Parfois avec bonheur, parfois biaisé par des courants non enracinés dans la doctrine et la théologie chrétienne. Le rôle fondamental de Marie est de conduire à Jésus, le Christ. 

Au cours de mon cheminement chrétien, Marie a été bien présente. La récitation du chapelet en famille,

l'église paroissiale de mon enfance dédiée à Notre-Dame de Fourvière, les pèlerinages annuels au sanctuaire de Notre-Dame du Cap à Trois-Rivières,

la dévotion sincère de ma grand-mère maternelle qui récitait son rosaire au quotidien sont autant d'éléments qui m'ont fait découvrir l'importance

de la présence maternelle de la Vierge au coeur de ma vie. Aujourd'hui, je suis toujours sensible aux fêtes liturgiques de celle qu'on appelle

"Mère de Dieu"...

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A.



              Spiritualité mariale - Marie, mère de Jésus Christ




Vierge sur bois (1320) de Giotto di Bondone

National Gallery of Art, Washington                                                                         par Michel Lafontaine, B.Th., M.A.


Sommaire

1- Introduction

2- Situer la spiritualité mariale dans le tissu global de la vie chrétienne

3- Marie dans les textes sacrés du Nouveau Testament

4- Développement du culte marial au cours de l’histoire

5- « À Jésus, par Marie… »

6- Le rosaire et le chapelet: une forme toujours populaire de la dévotion mariale

7- Marie, inspiratrice des artistes

8- Virginité de Marie… une question en suspens…

9- Les titres donnés à Marie au cours des siècles

10- Conclusion: spiritualité mariale

11- Bibliographie et liens internet


1- Introduction

 

La spiritualité mariale appartient en propre au christianisme, quoique, dans l’Islam, certains extraits du Coran mentionnent le nom de Marie. Il s’agit d’une femme (donc d’un être humain à part entière), originaire de la Palestine, qui aurait donné naissance à Jésus de Nazareth. Les textes du Nouveau Testament (c’est-à-dire les textes de la Bible écrits par des chrétiens à partir des années 30 de notre ère) mentionnent à maintes reprises son nom.

 

Le nom de Marie, en grec Μαριαμ, Mariam, vient de l’hébreu Myriam מרים. Les Églises chrétiennes catholique et orhodoxe accordent une place spéciale à Marie, qu'elles appellent Vierge Marie (plus souvent chez les catholiques) ou Mère de Dieu

(plus souvent chez les orthodoxes) et fait l'objet d'une dévotion particulière.

 

« De nombreuses interprétations sur l'étymologie de ce nom ont été données, mais à ce jour aucune ne s'est imposée.

La racine égyptienne m.r.y (= aimer) semble pourtant crédible.

Une autre très courante également est : « noble, élevée ». En revanche, il convient de tenir pour purement poétique l'explication par l'hébreu mar yam (« goutte de la mer »), latinisé en stilla maris, lui-même devenu Stella maris (« Étoile de la mer »). » (note 1).

 

© Éditions Gaud - Vitrail de la Cathédrale de Chartres, France

 Note 1 : Citation de l’Encyclopédie virtuelle Wikipédia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_(mère_de_Jésus)

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2- Situer la spiritualité mariale dans le tissu global de la vie chrétienne 

 

Un danger d’ordre théologique exerce depuis des siècles son emprise sur la dévotion mariale. Le protestantisme et d’autres courants chrétiens ont déclenché l’alarme et conscientisé les croyants à bien « situer » le culte envers Marie. Des « crises » mariologiques ont d’ailleurs marqué sérieusement certaines époques de l’histoire chrétienne; le début des années 1960, juste avant l’inauguration du grand concile Vatican II (1963-1968), a d’ailleurs connu sa période de « suspicion » à propos de la figure mariale. Cette dévotion très populaire du peuple chrétien envers la mère de Jésus a parfois « déifié » la mère de Jésus et suscité, aux plans spirituels et théologiques, des excès ou des tendances qui ont fait déborder le cadre mariologique et l’ont éloigné de ses sources néo-testamentaires. En ressort une représentation de cette femme qu’on prénomme Marie, à la fois « miévre », édulcorée, déshumanisée et parfois en contradiction avec la doctrine chrétienne. Certains croyants d’ailleurs, mettent sur le même pied, les messages reçus de voyants lors de nombreuses « apparitions » de la Vierge Marie, depuis des siècles jusqu’à aujourd’hui, et les textes de l’Évangile.


© Éditions Gaud - Fuite en Égypte - Autun, France

 

Il ne s’agit pas de juger et de condamner les personnes qui vivent des expériences spirituelles particulières. Dieu peut agir à sa guise… Mais ces « images » ou « messages » révélés à certaines personnes ne sont pas la base de la foi chrétienne. Nul n’est tenu de croire aux apparitions de Lourdes, Fatima ou de Medjugorie, même si des aspects de la dévotion mariale ont été découverts grâce à ces lieux de prière qui attirent toujours de grandes foules de fidèles. L’Église catholique romaine s’avère très prudente par rapport à ces phénomènes. Et elle a raison.

 

Il faudra toujours insister pour rappeler que la dévotion mariale s’appuie sur des données épistolaires, patristiques et théologiques. Dès l’année 325, au concile de Nicée, Alexandre d’Alexandrie exhorte les fidèles à donner le titre de Théotokos (du grec Θεοτόκος, « qui a enfanté Dieu »), à Marie, ce qui signifie « Mère de Dieu ». Ce titre sera consacré au concile d’Éphèse en 431 (note 2). Cette proclamation de la « Mère de Dieu » visait à soutenir que le Christ Jésus est à la fois homme et Dieu.

 

Malgré toutes ces considérations, il faut se rappeler que dans le christianisme, la figure de Marie doit normalement conduire à rencontrer Jésus, le Christ. René Laurentin, théologien de renom pour ce qui concerne les recherches mariologiques, écrit à ce sujet, dans son livre La question mariale (1963) : « Il existe aujourd’hui, dans certains milieux, une tension entre piété christocentrique et piété mariocentrique (…), tension entre une piété tout entière tournée vers la Vierge, et une piété qui n’y fait aucune référence. Le fait d’ériger, en pratique, la dévotion en religion mariale, tend à faire naître, par réaction, une religion sans Marie. » Quelques années auparavant, le pape Pie XII (1876-1958) spécifiait : « La vraie dévotion, celle de la tradition de l’Église, (…) tend essentiellement à l’union avec Jésus, sous la conduite de Marie (…). On va à Jésus par Marie. Marie est donc le chemin vers Jésus qui est voie, vérité, vie. » (note 3).

                           © Annonciation- Sandro Boticelli (1444-1510)               


Note 2 : Extrait d’une homélie du 5e siècle à la suite de la proclamation de Marie Theotokos, au concile d’Éphèse : « Je vois cette joyeuse assemblée de saints évêques qui à l’invitation de la sainte Mère de Dieu, Marie toujours vierge se sont rassemblés ici dans l’enthousiasme (…) Nous te saluons Marie, Mère de Dieu, trésor sacré de tout l’univers, astre sans déclin, couronne de la virginité, sceptre de la foi orthodoxe, temple indestructible, demeure de l’incommensurable, Mère et Vierge, à cause de qui est appelé Béni, dans les saints Évangiles, Celui qui vient au nom du Seigneur (…) Nous te saluons, toi qui a contenu dans ton sein virginal celui que les cieux ne peuvent contenir; toi par qui la Trinité est glorifiée et adorée sur toute la terre ; par qui le ciel exulte ; par qui les anges et les archanges sont dans la joie (…) Voici donc que le monde entier est dans la joie ! »


Note 3 : Pape Pie XII, Lettre apostolique Ostende mihi, 1947.



© Éditions Gaud -

Église d’Issoire, France

 

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3- Marie dans les textes sacrés du Nouveau Testament 


 












© 2005 - James Walmsley -Adoration des rois mages - église St-Aignan, Chartres, France















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 4- Développement du culte marial au cours de l'histoire de l'Église

 

Nous avons déjà évoqué l’influence des Pères de l’Église et du concile d’Éphèse dès le 5e siècle dans le développement du culte envers Marie, Mère de Dieu et Mère de Jésus. Par la suite, ce phénomène de dévotion marial sera constant tout au long des siècles. Il s’exprime par des attitudes de vénération, d’admiration, de louange, de prière confiante et d’imitation. Des icônes et des statues représentant la Vierge Marie se répandent. Après le Concile de Trente (1545-1563), le culte marial ne sera plus occasionnel, mais permanent et structuré dans le tissu de la vie chrétienne. Un véritable mouvement spirituel s’engage : on se consacre à la Vierge Marie, la liturgie lui rendra hommage de manières variées, et des communautés religieuses, comme l’ordre carmélitain, offre une expérience mariale intense.

 

« La tradition révèle que l’Église a tissé à travers les siècles une rencontre cultuelle avec la personne de la Vierge, dans une gamme de variations consécutives à l’approfondissement théologique de son mystère. On ne peut pas interrompre la continuité de ce culte, ni « se passer de Marie dans une vie qui veut être chrétienne, sans faire tort à l’invitation divine, sans déroger à l’ordre chrétien et sans négliger les tendres attentions de Dieu » (E. Schillebeeckx(théologien).» (note 5)

 

 

Note 5 : Dictionnaire de la vie spirituelle, Cerf, 1983, p. 643.


© 2005 - Michel Lafontaine -

Notre-Dame de la Belle Verrière (13e s.) -

Cathédrale de Chartres, France

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 5- "À Jésus, par Marie"...


Cette formule lapidaire popularisée au cours du 20e siècle, rappelle cependant qu’il faut toujours resituer la dévotion et le développement de la spiritualité mariale dans le contexte de la foi et de la vie chrétienne. Les textes du Nouveau Testament invitent le disciple à vivre en communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint en vue de la réalisation du Royaume de Dieu dans le monde. Les documents conciliaires de Vatican II et les lettres papales des dernières décennies invitent sans cesse à « soutenir l’orientation actuelle de la spiritualité qui met l’accent sur la vie dans le Christ et qui, à l’intérieur de cette vie, trouve l’attitude à adopter envers Marie. C’est un retour à la perspective des premiers temps, lorsque la communauté apostolique découvrit Marie comme impliquée dans le mystère du Christ et s’ouvrit à la louange de la mère de Jésus ; ou bien quand la liturgie primitive fit place à Marie dans le contexte de la communion des saints, en y percevant sa présence active. » (note 6)

 

Note 6 : Dictionnaire de la vie spirituelle, Cerf, 1983, p. 644.


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 6- Le rosaire et le chapelet:

une forme toujours populaire de la dévotion mariale

 

Parmi les formes de dévotion mariale, le rosaire remporte la palme chez les chrétiens catholiques et orthodoxes.

Cette prière s’est développée au Moyen âge et a été popularisée un peu partout en Europe.

Saint Bernard et Saint Dominique contribueront à sa conception et son usage qui consiste

en un exercice de méditation simple sur les épisodes importants de la vie du Christ

par le biais d’une formule oratoire répétée sans cesse.

Le nom donné à cette prière, rosaire, tire son nom du latin ecclésiastique rosarium

qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont parfois couronnées.

                                                                                                                                                                                                                                 Chapelet

 

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) décrit ainsi le rosaire : il «  renferme deux choses, à savoir: l'oraison mentale et l'oraison vocale. L'oraison mentale du saint Rosaire n'est autre que la méditation des principaux mystères de la vie, de la mort et de la gloire de Jésus-Christ et de sa très sainte Mère. L'oraison vocale du Rosaire consiste à dire quinze dizaines d’Ave Maria, précédées par un Pater, pendant qu'on médite et qu'on contemple les quinze vertus principales que Jésus et Marie ont pratiquées dans les quinze mystères du saint Rosaire. » (note 7).

 

© Naissance de Jésus - El Greco (1541-1614)



La prière du rosaire deviendra très populaire, parce qu’il s’agit d’un exercice de piété à la portée de tous les croyants,

particulièrement des personnes moins instruites, et leur permet, sous forme de mantra répétitif, de s’imprégner de l’évangile.

C’est pourquoi Grignion de Monfort parle de forme d’oraison.

Cette prière intérieure, ainsi que l’office communautaire de louange

de l’Église formée des 150 psaumes de l’Ancien Testament, étaient davantage réservés aux personnes formées

dans la religion ou consacrées (les prêtres, les moines et les moniales, etc.).       



© Éditions Gaud - La visitation de Marie à Élisabeth -

Chartreuse de Villeneuve

 

Cependant, il faut du temps pour réciter le rosaire… Aussi, côté pratique, on divisera le rosaire en trois parties, appelées « chapelet », et un « outil » de prière sera même conçu. Le chapelet deviendra donc un objet de piété populaire qui forme un collier de grains (note 8). Le mot chapelet signifie littéralement “petit chapeau”, au sens de couronne, ce qui rappelle aussi la coutume médiévale de couronner de roses les statues de la Vierge, d’où le mot rosaire. Saint Dominique avait prescrit à ses religieux de porter un chapelet à la ceinture… On peut prier le chapelet partout, seul, en famille, ou avec d’autres chrétiens, comme cela se fait dans les paroisses en particulier durant les mois de mai (appelé mois de Marie) et d’octobre (appelé mois du Rosaire).

 

Comment prier le chapelet ? On commence d’abord par faire le signe de la croix. On prend entre ses doigts le premier grain au-dessus de la croix du chapelet et on récite le Je crois en Dieu (note 9), et un Notre Père (note 10). On passe ensuite au grain suivant et on récite un Je vous salue Marie (note 11). On fait ainsi pour les trois premiers grains. Sur le grain suivant, on récite un Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit (note 12). À ce moment commencent les “dizaines” du chapelet. Sur le grain qui sépare les dizaines, on prend le temps de nommer le “mystère” de la vie de Jésus qu’on médite, on peut lire un passage de l’évangile et on récite ensuite un Notre Père,  suivi de dix  Je vous salue Marie,  et on conclut par un Gloire au Père.

© Éditions Gaud - Station du chemin de croix: Jésus remis à sa mère - Abbaye Le Barroux, France

 

 














Lorsqu’il prie  le chapelet, le croyant n’est pas obligé de méditer cinq dizaines à la fois. Il peut les espacer pendant la journée. Peu importe le nombre de “dizaines” ou de chapelets que l’on récite. Ce qui compte, c’est la qualité de la prière  et  le chapelet est un moyen simple pour louer le Seigneur et garder nos cœurs en relation d’amitié et d’amour avec lui. Le chapelet n’est pas une simple répétition de formules de prières, il se veut plutôt un moment de rencontre, d’échange avec Dieu par l’intermédiaire de la Vierge Marie et de la Parole de Dieu.  

 


Note 7: Louis-Marie Grignion de Monfort, Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver, éd. Traditions Monastiques, 2005. Cet ouvrage constitue un traité décrivant une véritable approche spirituelle du rosaire.

 

Note 8 : L’usage d’un collier de grains pour prier est apparemment une invention indienne et remonte à la plus haute antiquité. Il s’est répandu dans la plupart des grandes religions, telles le christianisme, l’hindouisme, l’islam et même dans les habitudes de la philosophie du bouddhisme. 

Note 9 : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen. Cette version du Credo est celle retenue au concile de Nicée (en 325).

 

Note 10 : Selon le Nouveau Testament, Jésus a donné cette prière en réponse à une question des apôtres sur la façon de prier : Jésus leur a répondu « Quand vous priez, dites : “Notre Père…” ». Les évangiles de Matthieu (6: 9-13) et de Luc (11: 2-4) citent ainsi cette prière, avec quelques différences selon les manuscrits : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal.


                  

            

                Le couronnement de la Vierge Marie au ciel

 

Note 11 : Je vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant, et à l'heure de notre mort. Amen.  Il est à noter que cette prière est directement inspirée de passages du Nouveau Testament. Il existe de nos jours certaines variantes, passant du « vous » au « tu » : Salut Marie, comblée de grâces ; le Seigneur est avec toi, et Jésus, ton enfant, est béni. Sainte Marie, prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.

 

Note 12 : Deux variantes en français existent pour le Gloria : 1ère variante (plus ancienne) : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles.  Amen.   2e variante (utilisée dans la liturgie officielle) : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était, et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.

 

Note 13:  Jusqu’au pontificat de Jean-Paul II (1978-2005), l’Église retenait 15 mystères du rosaire : joyeux, douloureux et glorieux. Le dernier pape du 20e siècle a introduit cinq mystères supplémentaires appelés lumineux, qui se rattachent à des épisodes évangéliques sur Jésus.

 

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 7- Marie, inspiratrice des artistes 

 

Chez les juifs et les musulmans, toute représentation du divin demeure interdite.

On voulait ainsi éviter l’idolâtrie dont l’Ancien Testament rappelle la loi rédigée par Moïse :

« Tu ne feras aucune image sculptée, ni rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut, ou sur la terre, ici-bas,

ou dans les eaux, au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras devant ces dieux et tu ne les serviras pas. » (Exode 20, 4ss.).

 

Aussi, à l’aube du christianisme, l’Église opposa tout d’abord une forte résistance avant de reconnaître une valeur cultuelle

aux images sacrées, c’est-à-dire aux représentations religieuses du Christ, de Marie et des saints.

Ce n’est qu’au deuxième concile de Nicée (en 787), que l’Église sera favorable à la vénération des images,

mettant justement en lumière le fait que le Christ incarné est image du Père

et que cela rend possible l’accès à sa substance. Saint Thomas d’Aquin confirmera cette tendance en considérant

« l’utilité » de l’image : elle informe, elle instruit, elle sert d’aide-mémoire des mystères du salut,

comme stimulant pour la dévotion (note 14).


© Vierge à l’Enfant - Sandro Boticelli (1444-1510)

 

Suite à ces développements de la réflexion théologique, la Vierge à l’Enfant deviendra un des thèmes les plus fréquemment représentés dans la peinture chrétienne. Dans la spiritualité byzantine, l’iconographie sera même considérée comme un ministère ou un service pour instruire et nourrir la dévotion du Peuple de Dieu, et aura une véritable valeur dogmatique au plan ecclésial. « L’art de l’icône n’a pas été inventé par les artistes. C’est une institution qui vient des saints Pères et de la tradition de l’Église », proclamera le Concile de Constantinople, en 843 (note 15). Progressivement, l’Église occidentale développera elle aussi ce qu’on pourrait résumer en un « art sacré », dont l’objectif ultime est de susciter un véritable amour pour les personnes saintes représentées par les images, peintures, statues ou autres œuvres d’art.

 

Une symbolique en image sera alors développée dans les églises chrétiennes, la liturgie intégrera dans sa structure la vénération des « images  saintes », et les objets de piété (icônes, statuettes, images)  envahiront l’univers domestique des croyants. Une esthétique, ou plutôt un « art chrétien » naît alors dans l’histoire de l’Église.

Chaque époque aura ses « modes » de représentations.

© Éducation de la Vierge Marie - Georges de la Tour (1293-1652)

 

Non seulement l’image (incluant la peinture, la mosaïque et le vitrail), mais aussi l’architecture, la musique, la littérature et la poésie deviendront aussi d’autres créneaux pour éveiller la spiritualité. En ce qui concerne la Vierge Marie, des thèmes seront sans cesse repris au cours des âges : l’Annonciation demeure un sujet prisé des artistes. La pietà est la représentation de la mère de Jésus, pleurant et tenant en ses bras son fils crucifié (note 16). L’Assomption ou la Dormition de Marie, son couronnement céleste par le Christ, et la « Femme » du livre de l’Apocalypse (Ap 12,1ss.), couronnée de douze étoiles, debout sur la lune écrasant le serpent, seront fréquemment représentés sous diverses formes, dans les lieux de culte et sous forme d’objets de dévotion.

 

Le cumul des siècles permet aujourd’hui de posséder un immense trésor artistique sur le thème marial. Malheureusement, chaque époque connaîtra ses « ratés » et ne répondra pas au critère d’alimenter et susciter la dévotion. Des œuvres médiocres, voire d’un goût douteux créeront l’effet inverse. Aujourd’hui, des statuettes ou des images en dehors de tout sens artistique, made in China, en plastique, en plâtre ou en matériaux sans valeurs, se retrouvent sur les étagères des magasins de « souvenirs » de sanctuaires de pèlerinages… Que de textes et de poésies mièvres et naïfs sont publiés dans des revues, des journaux, des livres, des sites internet, que de musiques légères, de ballades sirupeuses sont offertes aux fidèles et n’élèvent pas les esprits vers les « choses d’en-haut », comme le disait l’Apôtre saint Paul. La commercialisation n’a pas que ses bons côtés… Les autorités religieuses, les pasteurs, et les représentants des ventes d’articles et objets religieux ont à exercer leur responsabilité afin que ce qui est offert sur le marché, sans être nécessairement onéreux, soit digne, beau et honorable, respectant ce que représente la sainteté, ou plutôt le côté spirituel de l’image…


Note 14:  Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, in IV sent. Liv. III, dist. IX, a.2, sol.2, ad.3.

Note 15:  Concile de Constantinople : Mansi XIII, 252c.

Note 16:  La plus célèbre est celle de Michel-Ange, vénérée dans la basilique Saint-Pierre au Vatican.



    © Pieta de Michel-Ange (1499) Basilique Saint-Pierre, Rome

 

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 8- Virginité de Marie... une question en suspens...

 

Le thème de la virginité mariale, pour nos contemporains, s’avère un sujet délicat et un objet de questionnements… Selon les propos du site internet Wikipedia.fr (note 17), la conception virginale (le fait que Jésus Christ ait été conçu par l’opération de l’Esprit Saint, et soit né alors que Marie était vierge) serait acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée dans les évangiles; cependant il n'en est pas de même au sujet de la virginité perpétuelle de Marie (le fait que Marie soit restée vierge toute sa vie). Cela est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe, mais refusée par les théologies protestantes. Cependant, cette croyance est très ancienne, comme l’atteste l’évangile apocryphe de Jacques, rédigé au 2e siècle où il est indiqué que Marie, fille d’Anne et de Joachim, aurait été « consacrée au Seigneur » (c'est-à-dire resterait vierge) par un vœu de sa mère, puis aurait été confiée à Joseph avant la conception de Jésus.


Les chrétiens protestants refusent cette croyance en la virginité perpétuelle de Marie. Ils se fondent sur certains passages du Nouveau Testament mentionnant, entre autres, des frères et des sœurs de Jésus (note 18). De plus, le thème de la fécondité demeure incontournable dans la philosophie juive. Comme expliquer alors le vœu de virginité d’une jeune femme juive ?

 

Les textes néotestamentaires donnent une certaine réponse dans l’évangile de saint Luc : lorsque l'ange lui annonce la conception prochaine de Jésus, la Vierge Marie répond : « Comment cela peut-il se faire puisque je ne connais point d'homme ? », réponse étonnante car elle est fiancée, et prochainement mariée officiellement, à Joseph. Si Marie imaginait vivre une relation sexuelle avec Joseph après le mariage, elle n'aurait pas trouvé surprenante l'annonce de l'ange (elle sera enceinte), car ce « je ne connais point d'homme » est une traduction allégée du grec qui signifie « je n'ai pas eu de relation avec un homme » (note 19).


               © Vierge de l’Annonciation - Fra Angelico (1438)

 

Au 6e siècle, l’évêque saint Augustin citait les Écritures (le prophète Ézéchiel) à propos de cette question de la virginité perpétuelle de Marie: "Il me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. Et Yahvé me dit: Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera; car Yahvé, le Dieu d'Israël est entré par là. Elle restera fermée" (note 20).

 

Enfin, le célèbre et reconnu théologien ecclésial saint Thomas d’Aquin (1224-1274) analyse ce sujet de façon très méthodique dans sa Somme théologique (note 21): virginité pendant l'enfantement, virginité après l'enfantement, et vœu de virginité. Il conclut à la virginité perpétuelle et au vœu de virginité.

 

De nos jours, le débat théologique sur la conception virginale de Jésus, et sur le fait qu’elle soit demeurée vierge après sa naissance, demeure ouvert. Cette affirmation de la foi chrétienne est même parfois tournée en ridicule, par des blagues de mauvais goût et des propos grivois. Néanmoins, la Parole de Dieu a voulu donner un sens à cette maternité très spéciale du Verbe divin qui s’incarne pour s’insérer dans notre humanité. Une symbolique spirituelle se dégage de cet événement capital de l’histoire du salut. Chaque croyant est amené à y réfléchir et à en dégager un sens pour sa vie comme baptisé et disciple du Christ. Marie est non seulement Mère du Christ et de Dieu, mais elle représente un modèle accompli du disciple à l’écoute de la Parole incarnée émanant de Dieu. 

© Éditions Gaud - Abbaye de Charlieu, France 

Note 17:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Virginit%C3%A9_perp%C3%A9tuelle_de_Marie.

Note 18:  « Quatre sont mentionnés en Mt 13, 55 et Mc 6, 3 :« N'est-ce pas le fils du charpentier ? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? » (Mt 13, 55). « N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. » (Mc 6,3) Dans l'Évangile de Matthieu, le chapitre 12 mentionne que la mère de Jésus et ses frères se trouvent dehors. Ils désirent voir Jésus qui se trouve à l'intérieur d'une maison. "Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils cherchent à te parler." (Mat 12:47)

Il s’agirait, selon la tradition orthodoxe, suivant en cela le Protévangile de Jacques, de demi-frères, fils d'un premier mariage de Joseph qui étant veuf aurait épousé Marie en tant que vierge consacrée au Seigneur ou, selon la tradition catholique et orthodoxe, de cousins, le mot « frères » étant pris dans ce cas au sens large, « Les langues sémitiques ne possèdent pas de terme pour rendre le mot « cousin » et le mot frère et cousin est le même dans les langues slaves (brat[]) ; dans les sociétés anciennes, où tous vivaient ensemble, les cousins étaient assimilés à des frères. »[] et les rédacteurs du Nouveau Testament se seraient conformés à la manière de parler orientale. Deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques le mineur et de José » en Mt 27,56 et Mc 15, 40, identifiée à Marie, femme de Cléophas d'après Jn 19, 25, le troisième Jude se dit frère de Jacques et non de Jésus (Jude 1), et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l' Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Virginit%C3%A9_perp%C3%A9tuelle_de_Marie.

Note 19:  Luc 1, 26-38.

Note 20:  Ezéchiel 44,1 et 2.

Note 21:  Thomas d’Aquin, Somme Théologique, IIIa pars, Q. 28, art. 2 à 4 : art. 2 à 4.

 

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 9- Les titres donnés à Marie au cours des siècles

 

Cet extrait d’une très ancienne prière intitulée « Litanies de la Sainte Vierge » donne une idée du nombre et de la beauté majestueuse des titres et autres vocables sous lesquels les générations ont loué, vénéré et prié Marie depuis les temps apostoliques. Autant de titres traditionnels

(et la liste est loin d'être exhaustive) reconnus par le Peuple de Dieu et invoqués selon les temps liturgiques, les requêtes,

la dévotion communautaire ou personnelle :


- Immaculée, conçue sans péché;

- Mère de la miséricorde

- Mère de l'Eucharistie

- Mère de l'Espérance

- Mère de tous les hommes

- Mère de la consolation et des affligés

- Vierge des pauvres

- Servante du Seigneur

- Demeure de la Sagesse

- Temple de l'Esprit Saint

- Étoile du matin

- Porte du Ciel

- Splendeur de la création

- Médiatrice de grâce

- Guide des consacrés

- Modèle des épouses

- Protectrice des familles

- Consolatrice de ceux qui pleurent

- Avocate des opprimés

- Salut des malades (Notre-Dame des Malades, Lourdes)

- Refuge des pécheurs

- Joie de tous les enfants de Dieu

- Reine, élevée au ciel, des Anges,

              des Patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs...

- Notre Dame de la Prière

- Notre Dame du bel Amour

- Notre Dame du Magnificat

- Notre Dame du bon port

- Notre Dame du Suprême Pardon...

 


Et cela sans compter les autres titres venus de l’Ancien Testament qui concernent Marie

tels ceux de Fille de Sion, Ève Nouvelle, Arche d'Alliance, Arche de Noé ...

 

On s’adresse à la Vierge Marie sous tous les vocables : Notre-Dame du Cap, Notre-Dame du Carmel, Notre-Dame du Perpétuel-Secours,

Notre-Dame de Fourvière, Notre-Dame de Paris, Notre-Dame de Chartres, Notre-Dame d’Afrique, Notre-Dame d’Haïti… etc.

 

Dans un langage contemporain et moderne, le compositeur religieux et chanteur québécois Robert Lebel

a chanté les adresses mariales d’une manière originale (note 22) :

 

Notre-Dame des Saisons, prie pour nous

Notre-Dame des Forêts...

Notre-Dame des Moissons...

Notre-Dame des Montagnes...

 

Notre-Dame de la Paix...

Notre-Dame des Nations...

Notre-Dame de Chez-nous...

Notre-Dame de l’Alliance...

 

Notre-Dame de la Mer...

Notre-Dame du Secours...

Notre-Dame des Pêcheurs...

Notre-Dame de la Garde...

 

Refrain :          Ô Marie Notre-Dame de chez-nous,

                        Ô Marie, notre Mère,

                        Ô Marie Notre-Dame de partout

                        Ô Marie notre Mère !

 

Notre-Dame de Pitié, prie pour nous.

Notre-Dame des Mourants...

Notre-Dame de l’Espoir...

Notre-Dame du Refuge...

 

Notre-Dame du Chemin...

Notre-Dame des Mendiants...

Notre-Dame du Secours...

Notre-Dame de la Garde…

 

Notre-Dame de la Joie...

Notre-Dame des Enfants...

Notre-Dame de l’Amour...        

Notre-Dame du Sourire  

 

Refrain :          Ô Marie Notre-Dame de chez-nous,

                        Ô Marie, notre Mère,

                        Ô Marie Notre-Dame de partout

                        Ô Marie notre Mère !

 

Notre-Dame de l’Avent

Notre-Dame de Noël...

Notre-Dame des Douleurs...

Notre-Dame du Cénacle...

 

Notre-Dame des Croyants...

Notre-Dame des Martyrs...

Notre-Dame des Pasteurs...

Notre-Dame de l’Église…

 

Notre-Dame du Désert...

Notre-Dame des Veilleurs...                 

Notre-Dame du Carmel...                     

Notre-Dame du Silence...

 

Refrain :          Ô Marie Notre-Dame de chez-nous,

                        Ô Marie, notre Mère,

                        Ô Marie Notre-Dame de partout

                        Ô Marie notre Mère !

 

 











Note 22:  Notre-Dame des Saisons, par Robert Lebel, éditions Pontbriand.

   

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10- Conclusion: spiritualité mariale

 

Cette page n'offre qu'un survol de ce qui pourrait être développé et présenté par rapport à cette humble femme, appelée Marie, qui a vécu simplement, il y a un peu plus de 2000 ans, dans un village obscur de Palestine, et qui s'est abandonnée dans la confiance aux desseins de son Dieu sur sa personne. Appelée Mère de Dieu et des Hommes, Marie n’a pas encore terminé d’étonner et de surprendre. À chaque siècle de l’histoire, depuis le Christ, des croyants de tous ordres, ont été des « allumeurs de réverbère » en ce qui a trait à cette Dame qui est « nôtre », la présentant selon divers angles comme un prisme aux facettes infinies.

 

La science théologique, la liturgie ecclésiale, la dévotion populaire, les expériences mystiques personnelles et les divers arts, ont contribué à dévoiler des aspects du mystère de Marie de Nazareth. Parfois avec bonheur et lumière, parfois avec suspicion et doute. Néanmoins, pour les chrétiens, Marie demeure un phare d’espérance. Appelée dès les origines « étoile » de la mer, refuge des pécheurs, elle a joué un rôle primordial dans l’ordre de l’histoire du salut, on ne peut parler du Christ sans évoquer sa mère, qui, par adoption divine, est aussi la Mère de tout disciple du Christ… La spiritualité mariale fait partie du trésor légué par la tradition chrétienne.

 

Michel Lafontaine, B.Th.,M.A., février 2011 

 

 


© Éditions Gaud - Abbaye de Bec-Hellouin, Normandie, France


Bibliographie et liens internet

 

Bruckberger, Raymond Leopold, Marie, mère de Jésus-Christ, Albin Michel, 1991.

Concile Vatican II, Constitution Lumen Gentium, 1964. chapitre 8 : La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Église.

Daniel-Ange,Touche pas à ma Mère !, éditions Le Sarment, 2005.

Dousse, Michel, Marie la Musulmane, Albin Michel, 2005.

Garrigou-Lagrange, Réginald, La Mère du Sauveur et notre vie intérieure, éditions de L'Abeille, Lyon, 1941.

Guitton, Jean, La Vierge Marie, Aubier, 1949.

Laurentin, René, Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie, Fayard, 2007.

Laurentin, René, Marie, clé du mystére chrétien, Fayard, 1994.

Laurentin, René, Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd'hui. Est-ce elle ? - Fayard, 1988, augmenté en 1996.

Laurentin, René, Vie authentique de Marie, Éditions L'Oeuvre, 2008.

Pape Jean-Paul II, Lettre encyclique Redemptoris Mater, 1987.

Pape Pie XII, Lettre apostolique Ostende mihi, 1947.

Rahner, Karl, Marie Mère du Seigneur, Éditions de l’Orante, 1964.

Schillebeeckx, Edward, Marie, mère de la Rédemption, Cerf, 1963.

Thurian, Max, Marie, mère du Seigneur, figure de l'Église, Presses de Taizé, 1970.

XXX, Dictionnaire de la vie spirituelle, Cerf, 1983.

http://www.mariedenazareth.com

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_(mère_de_Jésus)

 

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© 2011. Michel Lafontaine, B.Th.,M.A. -  Tous droits réservés 

                                                    Remerciements amicaux à Monsieur André Bisaillon pour la révision et la correction du texte contenu dans cette page virtuelle.



Les évangiles s’avèrent la source la plus fiable pour découvrir et comprendre la personne et le rôle de Marie dans la spiritualité chrétienne.

Même si le bilan des textes parlant de Marie dans le Nouveau Testament est plutôt maigre (note 4), ces écrits évoquent la conception par l’Esprit Saint, la naissance et les événements entourant la naissance du Christ, un épisode de la vie familiale lors du premier pèlerinage de Jésus à Jérusalem, la présence maternelle lors de noces tenues dans le village de Cana en Galilée et du ministère de prédication de Jésus. Enfin, Marie sera aux pieds de son fils crucifié au mont Golgotha à Jérusalem et se joindra à la première communauté formant l’Église, la veille de la Pentecôte.

 

Ces quelques récits présentent davantage le rôle de Marie dans l’histoire du Christ Jésus, comme mère et comme disciple. Des traditions postérieures au Nouveau Testament relatent certains épisodes de sa vie aux premiers temps apostoliques, ainsi que sa mort à Éphèse. En résumé, on reconnaît progressivement la place de Marie dans l’histoire du salut chrétien.

 

Note 4 : « Un seul passage dans les 14 lettres apostoliques (Ga 4,4), une mention dans les Actes des Apôtres (Ac 1,14), deux allusions dans Marc et ses parallèles (Mc 3,31-35; cf. Mt 12,46-50; Lc 8,19-21; 11,27-28; Mc 6,3); deux épisodes chez Jean (Jn 2,1-12; 19,25-27); une présence plus accentuée dans les évangiles de l’enfance (Mt 1 & 2; Lc 1 & 2). » Dictionnaire de la vie spirituelle, Cerf, 1983, p. 638.


Officiellement, il y a quatre catégories de “mystères” auxquels on relie des fruits pour notre vie quotidienne:

 

- les mystères joyeux qui relatent des événements de l’enfance de Jésus : l’annonciation par l’ange Gabriel à Marie; la visitation de Marie à sa cousine Élisabeth; la naissance de Jésus à Bethléem; la présentation de Jésus par ses parents au Temple; le recouvrement de Jésus au milieu des docteurs du Temple lors de son premier pèlerinage à Jérusalem;

 

- les mystères douloureux qui rappellent la passion de Jésus : l’agonie de Jésus à Gethsémani; sa flagellation par les soldats; son couronnement d’épines; le portement de la croix et la crucifixion;

 

- les mystères glorieux qui nous gardent dans l’Esprit de Jésus ressuscité : la résurrection; l’ascension; la pentecôte; l’assomption de Marie; le couronnement de Marie dans le ciel;

 

- les mystères lumineux (note 13) qui permettent de méditer sur des épisodes de la vie de Jésus : son baptême par Jean Baptiste dans le Jourdain; le miracle des noces de Cana; la proclamation du Royaume de Dieu; la transfiguration de Jésus sur le mont Thabor; l’institution de l’eucharistie lors du dernier repas de Jésus avec ses apôtres.

















Notre-Dame de Fourvière, Lyon, France

Patronne de la Cathédrale de Mont-Laurier, Canada
















Notre-Dame de Vladimir,

icône russe du 12e siècle














   Notre-Dame des Sept Douleurs














Notre-Dame d’Orcival, France










Notre-Dame-du-Cap, Canada









Notre-Dame de Guadalupe, Mexique

dite Notre-Dame des Amériques










 


Notre-Dame de Lourdes

appelée aussi Immaculée-Conception, France











Vierge Noire de Czestochowska, Pologne

Tout au long de l’histoire de l’Église, selon les temps, les circonstances, les besoins, et la spiritualité propre à une époque, on a donné des titres significatifs à Marie considérée comme avocate et mère qui intercède auprès de son Fils. De génération en génération, l’on me dira bienheureuse… évoque le Cantique de Marie, le Magnificat. La créativité, l’affection et la dévotion envers la Mère de Dieu ne cessent, selon les siècles, d’enrichir la liste des noms évocateurs qui couronnent cette femme ayant participé de manière singulière à l’histoire du salut de l’humanité.